Phytoprotection, Utilisation et spécificités des grains
Entomologie

Production d’un guide sur les insectes ravageurs dans la culture du saule à croissance rapide

Résumé vulgarisé

Dans la littérature, il existe quelques informations sur les insectes ravageurs des saules mais, à notre connaissance, aucun guide ne traite des insectes qui attaquent les nombreux nouveaux cultivars qui sont aujourd’hui utilisés. Le projet propose de produire un guide contenant l’information la plus à jour afin de permettre aux conseillers, dépisteurs, producteurs et industriels intervenant dans la filière de mieux reconnaître et d’identifier les insectes ravageurs actuels qui affectent cette culture.

Crédit photo : Alexandre Michaud

Résumé scientifique

Le saule à croissance rapide (SCR) est une plante pérenne qui est depuis récemment exploitée comme source bioénergétique au Québec. Certains cultivars ont été sélectionnés au cours des dernières décennies pour leur rendement et leur qualité élevé en biomasse ainsi que pour leur grande adaptabilité au sol et au climat. En général, ces plantes ne nécessitent pas de grandes quantités d’intrants ni d’engrais et possèdent un faible coût d’implantation et une forte rentabilité. Au Québec, cette culture commence à connaitre une certaine notoriété en phytoremédiation notamment grâce à sa capacité à décontaminer les polluants des terrains sur lesquels les SCR sont implantés. Plus récemment, de vastes plantations de SCR ont été établies pour le traitement des eaux de lixiviat des lieux d’enfouissement technique (LET). Cette approche offre une solution durable et permet des économies importantes pour les entreprises qui gèrent ces LET. Les normes environnementales ayant été resserrées (résidus d’azote ammoniacal constituant un poison pour les milieux humides), cette pratique de phytofiltration pourrait connaitre un certain essor au cours des prochaines années. On s’attend, en effet, à ce que cette approche soit mise en place dans plusieurs endroits au Québec et au Canada. En région, les cultures de saules continuent d’intéresser plusieurs producteurs qui cherchent à valoriser des secteurs plus marginaux pour l’agriculture. Si les plantations de SCR deviennent plus abondantes, il importera de s’intéresser davantage à une des problématiques fréquentes pour cette culture : les problèmes liés aux ravageurs. Certains cultivars commercialement utilisés se sont révélés particulièrement vulnérables à plusieurs ravageurs. Ces attaques par des insectes peuvent fortement diminuer les capacités photosynthétiques des plantes et réduire leur biomasse, leur efficacité et donc leur rentabilité. En outre, peu d’information est disponible sur les insectes ravageurs et leur prévalence au Québec dans la culture du SCR. Il existe encore moins d’information quant aux dépistages et aux méthodes de lutte contre ces ravageurs. Connaitre la guilde de ravageurs mais aussi d’insectes auxiliaires permettrait donc de déterminer les insectes problématiques à cette culture et de proposer des méthodes de dépistage et de lutte efficace afin d’assurer la rentabilité de cette culture.

Objectifs

Ce projet vise à réaliser un inventaire des espèces d’insectes ravageurs et bénéfiques présents dans la culture du SCR dans le but de produire un guide destiné aux producteurs agricoles, aux gestionnaires de sites de plantation, aux conseillers et aux dépisteurs permettant d’avoir une meilleure connaissance des ravageurs, de leur impact, mais aussi la présence d’insectes bénéfiques influençant sur les performances de cette culture au Québec. Avec son format de poche et disponible en version électronique (PDF), ce guide permettra d’obtenir de l’information factuelle permettant l’identification des insectes ravageurs et/ou bénéfiques dans la culture du SCR

Crédit photo : CÉROM

Domaine : Phytoprotection, Utilisation et spécificités des grains
Spécialité : Entomologie
Porteur de projet : Sébastien Boquel
Collaborateur(s) interne(s) : Snizhana Olishevska
Collaborateur(s) externe(s) : Alexandre Michaud (Université de Montréal et CÉROM), Michel Labrecque (Université de Montréal), Jean-Philippe Légaré (MAPAQ)
Source de financement : Programme Innov’action agroalimentaire – Volet 3
Durée : 2020-2024
Culture : Saule à croissance rapide
Pays : Canada
Régions : Bas-Saint-Laurent, Abitibi-Témiscamingue, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, Laurentides, Montérégie Est
Statut : Terminé

GALERIE PHOTOS

VIDÉOS

PROJETS

La résistance aux herbicides est devenue un problème majeur pour les producteurs de soya au Québec, surtout en Montérégie. Deux mauvaises herbes sont particulièrement préoccupantes : la petite herbe à poux, très compétitive, et le maïs spontané, qui pousse après la récolte et cause d’importantes pertes de rendement. Comme ces mauvaises herbes sont de plus en plus difficiles à contrôler, les producteurs doivent souvent utiliser davantage d’herbicides, ce qui augmente les coûts et la pression sur l’environnement. Ce projet vise à tester une nouvelle approche : utiliser des drones et l’intelligence artificielle pour repérer précisément les mauvaises herbes dans les champs, puis appliquer les herbicides seulement où c’est nécessaire. À l’aide d’images aériennes, un algorithme sera entraîné pour reconnaître automatiquement les foyers d’herbe à poux et de maïs spontané. Ces informations permettront de créer une carte de prescription qui guidera un pulvérisateur pour effectuer des traitements localisés. Les essais auront lieu sur quatre fermes en Montérégie durant trois ans. Le projet mesurera la précision de l’algorithme, la qualité du contrôle des mauvaises herbes, la réduction de la quantité d’herbicide utilisée, l’effet sur le rendement du soya et les économies possibles pour les producteurs. En somme, le projet cherche à démontrer qu’il est possible de réduire les pesticides tout en maintenant de bons rendements, grâce à l'utilisation des cartes de prescription.
Le ver-gris occidental du haricot (VGOH) est un papillon dont les larves s'attaquent principalement aux cultures de maïs (grain, ensilage et sucré). Il est difficile de lutter contre cet insecte puisque les larves (des chenilles) s'attaquent aux épis et que peu de méthodes sont actuellement disponibles. Les trichogrammes sont des micro-guêpes qui peuvent parasiter les œufs de plusieurs espèces de papillons ravageurs. Ils sont utilisés comme agents de lutte biologique dans plusieurs cultures fruitières et maraîchères, ainsi qu’en foresterie. Au cours des dernières années, nous avons démontré que les trichogrammes peuvent parasiter les œufs de VGOH. Dans certaines cultures, des trichocartes sont utilisées pour effectuer la lutte biologique. Mais l'utilisation de trichocartes n'est pas une méthode viable pour de grandes superficie. Les drones sont une technologie innovante pour faire de l'épandage de trichogrammes dans les champs. Cette méthode a déja été testée pour lutter contre la pyrale du maïs. Le projet vise donc à tester différentes méthodes d'épandage (en vrac ou en capsules) pour évaluer si cette technologie est efficace et rentable pour contrôler le VGOH. les populations de ver-gris occidental du haricot (VGOH) (Lepidoptera : Noctuidae). Des masses d’œufs avaient été collectées dans différents champs de la province pour déterminer s’il existe un parasitisme naturel et si oui, par quelle(s) espèce(s). Des essais préliminaires avaient également été réalisés en champ en effectuant des lâchers inondatifs de trichogrammes à l’aide de trichocartes sur de petites superficies. Les résultats avaient montré que les masses d’œufs peuvent être parasitées par diverses espèces de trichogrammes, mais naturellement c’est l’espèce T. minutum qui semble être la meilleure candidate pour contrôler le VGOH puisque quasiment 100% des masses d’œufs de VGOH étaient parasitées par cette espèce (Saguez, 2024). Bien que les trichogrammes soient efficaces contre les œufs de VGOH, il serait peu réaliste d’installer manuellement des trichocartes sur de grandes superficies de maïs grain ou ensilage ni même dans du maïs sucré destiné à la transformation. Il existe d’autres méthodes qui peuvent être envisagées pour les grands champs, parmi lesquelles la dispersion des trichogrammes par avion, à l’aide de drones (dispersion en vrac ou via des capsules) ou en utilisant des pulvérisateurs. Des études récentes ont été menées au Québec sur la pyrale du maïs et la tordeuse des bourgeons de l’épinette, avec l’utilisation de drone pour libérer des trichogrammes (Martel et al. 2021). Les résultats de ces travaux ont montré un parasitisme plus élevé des masses d’œufs de pyrale et de tordeuse dans les zones traitées par drone que dans les zones témoin. Cette étude a également montré que la synchronisation de l’épandage et le temps d’exposition des œufs sont des facteurs clefs dans le succès de la méthode. Une autre étude a également été effectuée par l’Université Laval à l’aide d’un pulvérisateur installé sur un véhicule tout terrain (Dionne, 2019). En 2021, un épandage par drone de trichogrammes en vrac sur vermiculite avait été réalisé dans deux champs et les résultats avaient indiqué une réduction des dommages liés au VGOH dans les sections traitées avec des trichogrammes comparativement au témoin (Saguez, non publié). Le présent projet qui s’est déroulé au cours des saisons 2022 à 2024 visait à confirmer l’efficacité des différentes méthodes d’épandage de trichogrammes pour le contrôle du VGOH.
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