Phytoprotection
Malherbologie

Service de détection des mauvaises résistantes herbes aux herbicides

Résumé vulgarisé

Depuis 2014, le CÉROM, en collaboration avec le MAPAQ et plusieurs partenaires, offre le Service de détection de la résistance aux herbicides (SDD) pour l’ensemble des productions agricoles du Québec. Le CÉROM se spécialise dans la réalisation de tests de résistance classique. Ce test consiste à faire croître les mauvaises herbes à partir des graines et à appliquer le ou les herbicides sur les jeunes plantules, ce qui permet de détecter tout type de résistance. En contrepartie, les tests moléculaires sont réalisés par le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP). Le SDD permet ainsi d’appuyer la gestion durable des mauvaises herbes et de limiter la propagation de la résistance au Québec.

Crédit photo : Sandra Flores-Mejia

Résumé scientifique

Test de résistance

Le Service de détection de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides (SDD), offert par le CÉROM en collaboration le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP-MAPAQ), vise à détecter, caractériser et suivre l’évolution de la résistance aux herbicides dans les champs agricoles du Québec.

Ce service repose sur deux approches complémentaires : le test classique, basé sur l’application d’herbicides sur des plantules, et le test moléculaire, fondé sur la détection des mutations conférant de la résistance aux herbicides. Les résultats publiés annuellement sur le site d’AgriRéseau, permettent d’obtenir un portrait provincial plus représentatif de la situation et d’orienter les stratégies de gestion intégrée. Entre 2011 et 2024, un total de 2587 tests ont été réalisés, dont 60 % ont été confirmés résistants, dont 27 % ayant de la résistance multiple.  Ces résultats démontrent que la résistance aux herbicides est désormais un enjeu agronomique majeur au Québec.

Ainsi, le SDD permet d’appuyer la gestion durable des mauvaises herbes et de limiter la propagation de la résistance au Québec.

Ressources supplémentaires:

Objectifs

Le projet vise à détecter, caractériser et suivre l’évolution de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides au Québec, afin de soutenir les producteurs agricoles dans l’adaptation de leurs pratiques de lutte et la prévention de la propagation de mauvaises herbes résistantes.

De façon plus spécifique, les objectifs sont :

  1. Réaliser les tests classiques de détection de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides pour différentes espèces et groupes de produits.
  2. Multiplier et entretenir des populations de mauvaises herbes reconnues comme résistantes ou sensibles à diverses matières actives, incluant certaines populations d’exception.
  3. Transférer ces populations au Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) afin de contribuer à l’enrichissement de la Phytobanque et de soutenir le développement des tests moléculaires.

Crédit photo : Sandra Flores-Mejia

Domaine : Phytoprotection
Spécialité : Malherbologie
Collaborateur(s) externe(s) : Annie Marcoux (LEDP), Amélie Picard (LEDP), et David Miville (LEDP)
Source de financement : Ce projet a été financé par le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), dans le cadre du programme Innovation bioalimentaire (2023-2028)
Durée : 2023-2026
Statut : En cours

GALERIE PHOTOS

PROJETS

La résistance aux herbicides est devenue un problème majeur pour les producteurs de soya au Québec, surtout en Montérégie. Deux mauvaises herbes sont particulièrement préoccupantes : la petite herbe à poux, très compétitive, et le maïs spontané, qui pousse après la récolte et cause d’importantes pertes de rendement. Comme ces mauvaises herbes sont de plus en plus difficiles à contrôler, les producteurs doivent souvent utiliser davantage d’herbicides, ce qui augmente les coûts et la pression sur l’environnement. Ce projet vise à tester une nouvelle approche : utiliser des drones et l’intelligence artificielle pour repérer précisément les mauvaises herbes dans les champs, puis appliquer les herbicides seulement où c’est nécessaire. À l’aide d’images aériennes, un algorithme sera entraîné pour reconnaître automatiquement les foyers d’herbe à poux et de maïs spontané. Ces informations permettront de créer une carte de prescription qui guidera un pulvérisateur pour effectuer des traitements localisés. Les essais auront lieu sur quatre fermes en Montérégie durant trois ans. Le projet mesurera la précision de l’algorithme, la qualité du contrôle des mauvaises herbes, la réduction de la quantité d’herbicide utilisée, l’effet sur le rendement du soya et les économies possibles pour les producteurs. En somme, le projet cherche à démontrer qu’il est possible de réduire les pesticides tout en maintenant de bons rendements, grâce à l'utilisation des cartes de prescription.
Le ver-gris occidental du haricot (VGOH) est un papillon dont les larves s'attaquent principalement aux cultures de maïs (grain, ensilage et sucré). Il est difficile de lutter contre cet insecte puisque les larves (des chenilles) s'attaquent aux épis et que peu de méthodes sont actuellement disponibles. Les trichogrammes sont des micro-guêpes qui peuvent parasiter les œufs de plusieurs espèces de papillons ravageurs. Ils sont utilisés comme agents de lutte biologique dans plusieurs cultures fruitières et maraîchères, ainsi qu’en foresterie. Au cours des dernières années, nous avons démontré que les trichogrammes peuvent parasiter les œufs de VGOH. Dans certaines cultures, des trichocartes sont utilisées pour effectuer la lutte biologique. Mais l'utilisation de trichocartes n'est pas une méthode viable pour de grandes superficie. Les drones sont une technologie innovante pour faire de l'épandage de trichogrammes dans les champs. Cette méthode a déja été testée pour lutter contre la pyrale du maïs. Le projet vise donc à tester différentes méthodes d'épandage (en vrac ou en capsules) pour évaluer si cette technologie est efficace et rentable pour contrôler le VGOH. les populations de ver-gris occidental du haricot (VGOH) (Lepidoptera : Noctuidae). Des masses d’œufs avaient été collectées dans différents champs de la province pour déterminer s’il existe un parasitisme naturel et si oui, par quelle(s) espèce(s). Des essais préliminaires avaient également été réalisés en champ en effectuant des lâchers inondatifs de trichogrammes à l’aide de trichocartes sur de petites superficies. Les résultats avaient montré que les masses d’œufs peuvent être parasitées par diverses espèces de trichogrammes, mais naturellement c’est l’espèce T. minutum qui semble être la meilleure candidate pour contrôler le VGOH puisque quasiment 100% des masses d’œufs de VGOH étaient parasitées par cette espèce (Saguez, 2024). Bien que les trichogrammes soient efficaces contre les œufs de VGOH, il serait peu réaliste d’installer manuellement des trichocartes sur de grandes superficies de maïs grain ou ensilage ni même dans du maïs sucré destiné à la transformation. Il existe d’autres méthodes qui peuvent être envisagées pour les grands champs, parmi lesquelles la dispersion des trichogrammes par avion, à l’aide de drones (dispersion en vrac ou via des capsules) ou en utilisant des pulvérisateurs. Des études récentes ont été menées au Québec sur la pyrale du maïs et la tordeuse des bourgeons de l’épinette, avec l’utilisation de drone pour libérer des trichogrammes (Martel et al. 2021). Les résultats de ces travaux ont montré un parasitisme plus élevé des masses d’œufs de pyrale et de tordeuse dans les zones traitées par drone que dans les zones témoin. Cette étude a également montré que la synchronisation de l’épandage et le temps d’exposition des œufs sont des facteurs clefs dans le succès de la méthode. Une autre étude a également été effectuée par l’Université Laval à l’aide d’un pulvérisateur installé sur un véhicule tout terrain (Dionne, 2019). En 2021, un épandage par drone de trichogrammes en vrac sur vermiculite avait été réalisé dans deux champs et les résultats avaient indiqué une réduction des dommages liés au VGOH dans les sections traitées avec des trichogrammes comparativement au témoin (Saguez, non publié). Le présent projet qui s’est déroulé au cours des saisons 2022 à 2024 visait à confirmer l’efficacité des différentes méthodes d’épandage de trichogrammes pour le contrôle du VGOH.
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