Phytoprotection, Régie des cultures
Malherbologie, Phytopathologie

RÉGLYCCE: Adoption de pratiques agricoles des grandes cultures couplant santé des sols et rentabilité et contribuant à atteindre les objectifs du Plan pour une agriculture durable

Résumé vulgarisé

Le Plan d’agriculture durable (PAD) vise à réduire de 500 tonnes d’ingrédients actifs des pesticides synthèse et à réduire de 40 % des risques des pesticides pour la santé et l’environnement. Le PAD vise également à augmenter le stockage de carbone dans les sols. Les herbicides représentaient 63 % des ventes de pesticides de synthèse en 2019 et sont presque uniquement destiné au milieu agricole. L’utilisation des cultures de couverture peut aider à contrôler les mauvaises herbes, mais nécessitent souvent de passages de machinerie, réduisant le stockage de carbone, ou un augmentation d’applications d’herbicides. Ce projet vise à répondre aux objectifs du PAD en utilisant des cultures de couverture pour réduire les applications d’herbicides et d’augmenter le stockage de carbone des sols en faisant des essais en parcelles expérimentales et commerciales. Les pratiques examinées reposent sur un travail réduit des sols combiné à des cultures de couverture pour contrôler les adventices tout en réduisant l’usage des herbicides, diminuer leurs indices de risque pour la santé et l’environnement (IRS et IRE), et augmenter le potentiel de stockage du carbone dans les sols.

Crédit photo : CÉROM

Résumé scientifique

La considération du type de pratique agricole utilisée en grandes cultures au Québec représente une des clés majeures d’atteinte des objectifs 1.1 (réduction de 500 t d’ingrédients actifs des pesticides de synthèse vendus) et 1.2. (réduction de 40 % des risques des pesticides pour la santé et l’environnement) du Plan pour une Agriculture Durable 2020-2030. En effet, ces cultures couvrent environ 900 000 ha et constituent le principal domaine d’utilisation des pesticides dans la province. Par ailleurs, les herbicides représentent la plus grande utilisation de pesticides au Québec avec 63 % des ventes en 2019 et sont presque uniquement destinés au milieu agricole (93 % des ventes d’herbicides). Le glyphosate représentait 55 % des ingrédients actifs des pesticides vendus en milieu agricole au Québec en 2019.

L’utilisation des herbicides à base de glyphosate (HBG) par les producteurs et productrices québécois de grandes cultures (PPQGC) a cru de façon exponentielle au cours des vingt dernières années, à l’instar de ce que l’on observe ailleurs dans le monde, et ce tout particulièrement dans les pays cultivant des grains génétiquement modifiés (GM) pour tolérer les HBG. L’omniprésence du glyphosate dans l’environnement des régions agricoles entraîne des augmentations des risques pour la santé et l’environnement allant à l’encontre de l’objectif 1.2 du PAD. Un des aspects positifs de l’association GM/HBG simplifiant de façon efficace et peu coûteuse le contrôle des adventices dans les cultures de maïs et de soya est le fait qu’un nombre grandissant de PPQGC optent pour des cultures avec intensité réduite du travail du sol, comme le semis direct. Cette nouvelle façon de cultiver procure de nombreux avantages pour maintenir ou restaurer certaines fonctions du sol, limiter l’érosion et la compaction des sols. Cette pratique constitue aussi une façon d’augmenter significativement le stockage de carbone dans les sols, allant dans le sens de l’objectif 2.2 du PAD (85 % des sols agricoles auront un pourcentage de matière organique (MO) de 4 % et plus).

Le revers de la médaille de l’usage intempestif d’HBG se traduit par l’apparition d’adventices résistantes aux HBG et des teneurs résiduelles en glyphosate et AMPA (principal produit de dégradation du glyphosate) dans les sols pouvant dépasser 1 µg/g. Ces produits interfèrent avec diverses fonctions des sols (biodisponibilité de nutriments, mycorhizes, macrofaune) et occasionnent des coûts supplémentaires pour maintenir les rendements des cultures. Le glyphosate et l’AMPA agissent aussi sur la microbiologie des sols et stimulent certains phyla responsables d’une plus grande dégradation de la MO. De fait, les pratiques de semis direct avec épandages soutenus de HBG mènent à une stagnation du potentiel de stockage du carbone dans les sols. Par ailleurs, des quantités plus élevées d’HBG appliquées sur une saison de culture ne sont pas un gage de meilleures récoltes, alors qu’on rapporte des rendements similaires de maïs avec des doses d’HBG variant du simple au triple. En outre, le seul rendement annuel des grandes cultures n’est pas le meilleur indicateur sur lequel baser ses décisions de pratiques et il est nécessaire d’évaluer la profitabilité des pratiques agricoles dans le contexte de rotations multi annuelles des cultures.

Ainsi, les PPQGC non biologiques doivent dorénavant résoudre une forme de « quadrature du cercle »
en diminuant leur usage de pesticides, tout en contrôlant les adventices sans augmentation significative
du labeur et en augmentant le stockage de carbone dans les sols. Depuis quelques années, l’implantation
de cultures de couverture est proposée comme une pratique culturale alternative permettant de diminuer
l’érosion et la compaction des sols, d’améliorer la disponibilité des nutriments via la diversité des
systèmes racinaires, de réduire les risques de maladies dans les monocultures, de réduire la pression des
adventices et d’améliorer la rétention de l’eau. De plus, l’ajout de légumineuses dans le couvert
végétal peut engendrer une augmentation des teneurs en carbone et en azote dans les sols agricoles.

Ce projet vise à mettre en place des parcelles expérimentales de différentes régimes de cultures de couverture et d’herbicides afin de démontrer qu’une réduction d’herbicides en combinaison avec des cultures de couverture peut contrôler les mauvaises herbes, augmenter les rendements et améliorer la santé des sols. Ces pratiques reposent sur un travail réduit des sols combiné à des cultures de couverture pour contrôler les adventices tout en réduisant l’usage des herbicides, diminuer leurs indices de risque pour la santé et l’environnement (IRS et IRE), et augmenter le potentiel de stockage du carbone dans les sols.

Objectifs

  1. Dresser un état des lieux de la santé des sols, des rendements et de la rentabilité de grandes
    cultures selon les pratiques culturales
  2. Dresser un état des lieux de la santé des sols, des rendements et de la rentabilité de grandes
    cultures selon les pratiques culturales
  3. Cerner les préférences, notamment les préférences temporelles et les attitudes face aux risques,
    des producteurs pour l’adoption de pratiques d’agriculture de conservation couplées à une
    réduction de l’usage des pesticides
  4. Envisager l’adoption rapide et par un grand nombre de producteurs.trices de pratiques de
    réduction de l’usage d’herbicides et d’augmentation du stockage de carbone dans les sols

Crédit photo : CÉROM

Domaine : Phytoprotection, Régie des cultures
Spécialité : Malherbologie, Phytopathologie
Collaborateur(s) interne(s) : Tanya Copley
Collaborateur(s) externe(s) : Marc Lucotte (UQAM), Mathieu Moingt (UAQM), Charles Séguin (UQAM), Philippe Séguin (Université McGill), Jacynthe Masse (AAC), Caroline Halde (Université Lava)
Source de financement : Réseau Québécois de Recherche en Agriculture Durable
Durée : 2022 – 2026
Culture : Soya, Maïs, Blé de printemps
Pays : Canada
Régions : Montréal, Montérégie, Capitale-Nationale
Statut : En cours

PROJETS

Phytopathologie

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