Phytoprotection
Malherbologie

La folle avoine résistante aux herbicides dans la région du Bas-Saint-Laurent : détection et lutte collaborative

Résumé vulgarisé

Le projet dressera le premier inventaire de la présence de la folle avoine dans la région du Bas-Saint-Laurent, afin de déterminer si des populations résistantes aux herbicides du groupe 1 sont présentes dans la région. Ainsi, des pratiques agricoles associées à la présence de ces populations seront identifiées afin d’élaborer des méthodes de lutte intégrée, en collaboration avec les producteurs de la région.

Crédit photo : CÉROM

Résumé scientifique

Ce projet vise à dresser le premier inventaire de la présence de folle avoine (Avena fatua L., AVEFA) résistante aux herbicides du groupe 1 dans la région du Bas-Saint-Laurent (BSL); à identifier les pratiques agricoles associées à son développement; à utiliser des méthodes de lutte collaborative afin d’élaborer et d’adopter des méthodes de lutte intégrée contre cette espèce dans la région.

Notre projet répond directement à l’appel des producteurs du BSL, qui en 2020 ont manifesté à la Fédération de l’Union des producteurs agricoles du Bas-Saint-Laurent (FUPABSL) leur préoccupation par rapport à une augmentation de la présence de l’AVEFA) dans leurs champs. Un sondage réalisé par la suite a montré que 45 sur 70 producteurs (75%) constatent la présence de l’AVEFA dans leurs champs, mais l’étendue réelle de cette espèce et le pourcentage de populations possédant une résistance aux herbicides n’ont pas encore été quantifiés.

L’AVEFA est une plante graminée qui figure parmi les dix mauvaises herbes les plus dommageables des régions agricoles en zones tempérées au niveau mondial. La résistance aux herbicides des groupes 1 et 2 est largement répandue, puis la résistance multiple (groupes 1, 2, 8, 14 et 15) a aussi été répertoriée. Au Canada, des inventaires réalisés dans les Prairies et dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean (Québec) démontrent qu’entre 35 et 79% des échantillons résistaient aux herbicides du groupe 1. La recherche indique que les régions où la production des céréales est dominante, comme dans la région du BSL, sont plus à risque de développer des populations résistantes aux herbicides. Puis, les méthodes de gestion intégrée connaissent un faible taux d’adoption, car elles sont perçues comme étant compliquées.

Une voie de solution passe par l’adoption d’un programme misant sur une approche communautaire («lutte collaborative»). Selon cette approche, les producteurs agricoles participent activement à la conception et à la mise en œuvre des programmes, en collaboration avec des chercheurs et des intervenants du milieu. Les pratiques développées par cette méthode sont plus susceptibles d’être adoptées par les producteurs. Ainsi, notre projet répond aux différentes priorités du Plan stratégique du secteur des grains du Québec (2019-2024), telles que : identifier les freins à l’adoption de bonnes pratiques et mobiliser l’ensemble des acteurs pour augmenter leur taux d’adoption.

Objectifs

  1. Réaliser l’inventaire de la folle avoine résistante aux herbicides du groupe 1 dans la région du Bas-Saint-Laurent.
  2. Documenter les cas de résistance répertoriés afin d’en établir les causes potentielles.
  3. Établir les fondations de la lutte collaborative (approche communautaire) pour l’élaboration et l’adoption des stratégies de lutte intégrée contre l’AVEFA résistante aux herbicides.

Crédit photo : CÉROM

Domaine : Phytoprotection
Spécialité : Malherbologie
Porteur de projet : Sandra Flores-Mejia
Collaborateur(s) externe(s) : Jalinets Navarro (MAPAQ), Ayitre Akpakouma (MAPAQ), Marc Tétrault (FUPABSL), Yan Gosselin (FUPABSL), Éric Pagé (FUPABSL), Salah Zoghlami (PGQ), Michel Dupuis (Coordination Service Conseil), Annie Marcoux (LEDP MAPAQ), David Miville (LEDP MAPAQ), Samuel Comtois (Pleine Terre), Mario Handfield (UQAR), Darrell Pack (CropLife Canada).
Source de financement : Programme Innov’Action – Volet 1
Durée : 2020 – 2024
Pays : Canada
Régions : Bas-Saint-Laurent
Statut : En cours

GALERIE PHOTOS

PROJETS

Le nématode à kystes du soja (Heterodera glycines, synonyme NKS) est le ravageur le plus nuisible du soya dans le monde, causant des pertes estimées de plus de 880 millions de dollars (USD) annuellement depuis 2015 dans le nord des États-Unis et en Ontario (Crop Protection Network). La gestion du NKS se fait par la rotation des cultures avec des plantes non hôtes et l’utilisation de variétés de soja résistantes. Actuellement, environ 95 % des variétés résistantes contiennent une seule source de résistance provenant de PI 88788. En raison de la surexploitation de cette source, la résistance se dégrade aux États-Unis, ainsi que dans plusieurs champs en Ontario et au Québec. En conséquence, il est urgent de développer des variétés avec des sources de résistance alternatives afin de fournir aux producteurs canadiens des options alternatives pour prévenir l'effondrement de la résistance. Ce projet vise à développer de nouvelles variétés de soya à courte saison (MG 0 à MG 000) portant la résistance provenant de neuf nouvelles sources de résistance, et à confirmer leur résistance aux types Hg 0 et Hg 2.5.7 du NKS. Ces types Hg sont actuellement les types Hg prédominants au Canada, et le développement de nouvelles variétés résistantes à ces types Hg offrira donc aux producteurs de soya canadiens des sources de résistance alternatives au PI 88788 et contribuera à maintenir l'efficacité des variétés de soya résistantes. Pour développer les variétés, la prédiction génomique sera utilisée pour prédire les meilleurs croisements. Les croisements subiront ensuite une sélection assistée par marqueurs pour éliminer les lignées non résistantes, et les lignées avancées présentant des traits agronomiquement supérieurs seront soumises à un phénotypage contre les deux types Hg.
La résistance aux herbicides est devenue un problème majeur pour les producteurs de soya au Québec, surtout en Montérégie. Deux mauvaises herbes sont particulièrement préoccupantes : la petite herbe à poux, très compétitive, et le maïs spontané, qui pousse après la récolte et cause d’importantes pertes de rendement. Comme ces mauvaises herbes sont de plus en plus difficiles à contrôler, les producteurs doivent souvent utiliser davantage d’herbicides, ce qui augmente les coûts et la pression sur l’environnement. Ce projet vise à tester une nouvelle approche : utiliser des drones et l’intelligence artificielle pour repérer précisément les mauvaises herbes dans les champs, puis appliquer les herbicides seulement où c’est nécessaire. À l’aide d’images aériennes, un algorithme sera entraîné pour reconnaître automatiquement les foyers d’herbe à poux et de maïs spontané. Ces informations permettront de créer une carte de prescription qui guidera un pulvérisateur pour effectuer des traitements localisés. Les essais auront lieu sur quatre fermes en Montérégie durant trois ans. Le projet mesurera la précision de l’algorithme, la qualité du contrôle des mauvaises herbes, la réduction de la quantité d’herbicide utilisée, l’effet sur le rendement du soya et les économies possibles pour les producteurs. En somme, le projet cherche à démontrer qu’il est possible de réduire les pesticides tout en maintenant de bons rendements, grâce à l'utilisation des cartes de prescription.
Le ver-gris occidental du haricot (VGOH) est un papillon dont les larves s'attaquent principalement aux cultures de maïs (grain, ensilage et sucré). Il est difficile de lutter contre cet insecte puisque les larves (des chenilles) s'attaquent aux épis et que peu de méthodes sont actuellement disponibles. Les trichogrammes sont des micro-guêpes qui peuvent parasiter les œufs de plusieurs espèces de papillons ravageurs. Ils sont utilisés comme agents de lutte biologique dans plusieurs cultures fruitières et maraîchères, ainsi qu’en foresterie. Au cours des dernières années, nous avons démontré que les trichogrammes peuvent parasiter les œufs de VGOH. Dans certaines cultures, des trichocartes sont utilisées pour effectuer la lutte biologique. Mais l'utilisation de trichocartes n'est pas une méthode viable pour de grandes superficie. Les drones sont une technologie innovante pour faire de l'épandage de trichogrammes dans les champs. Cette méthode a déja été testée pour lutter contre la pyrale du maïs. Le projet vise donc à tester différentes méthodes d'épandage (en vrac ou en capsules) pour évaluer si cette technologie est efficace et rentable pour contrôler le VGOH. les populations de ver-gris occidental du haricot (VGOH) (Lepidoptera : Noctuidae). Des masses d’œufs avaient été collectées dans différents champs de la province pour déterminer s’il existe un parasitisme naturel et si oui, par quelle(s) espèce(s). Des essais préliminaires avaient également été réalisés en champ en effectuant des lâchers inondatifs de trichogrammes à l’aide de trichocartes sur de petites superficies. Les résultats avaient montré que les masses d’œufs peuvent être parasitées par diverses espèces de trichogrammes, mais naturellement c’est l’espèce T. minutum qui semble être la meilleure candidate pour contrôler le VGOH puisque quasiment 100% des masses d’œufs de VGOH étaient parasitées par cette espèce (Saguez, 2024). Bien que les trichogrammes soient efficaces contre les œufs de VGOH, il serait peu réaliste d’installer manuellement des trichocartes sur de grandes superficies de maïs grain ou ensilage ni même dans du maïs sucré destiné à la transformation. Il existe d’autres méthodes qui peuvent être envisagées pour les grands champs, parmi lesquelles la dispersion des trichogrammes par avion, à l’aide de drones (dispersion en vrac ou via des capsules) ou en utilisant des pulvérisateurs. Des études récentes ont été menées au Québec sur la pyrale du maïs et la tordeuse des bourgeons de l’épinette, avec l’utilisation de drone pour libérer des trichogrammes (Martel et al. 2021). Les résultats de ces travaux ont montré un parasitisme plus élevé des masses d’œufs de pyrale et de tordeuse dans les zones traitées par drone que dans les zones témoin. Cette étude a également montré que la synchronisation de l’épandage et le temps d’exposition des œufs sont des facteurs clefs dans le succès de la méthode. Une autre étude a également été effectuée par l’Université Laval à l’aide d’un pulvérisateur installé sur un véhicule tout terrain (Dionne, 2019). En 2021, un épandage par drone de trichogrammes en vrac sur vermiculite avait été réalisé dans deux champs et les résultats avaient indiqué une réduction des dommages liés au VGOH dans les sections traitées avec des trichogrammes comparativement au témoin (Saguez, non publié). Le présent projet qui s’est déroulé au cours des saisons 2022 à 2024 visait à confirmer l’efficacité des différentes méthodes d’épandage de trichogrammes pour le contrôle du VGOH.
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