Phytoprotection
Biosurveillance, Entomologie, Phytopathologie

Grains de savoir : Un balado sur la protection des grandes cultures au Québec

Résumé vulgarisé

Grains de savoir, c’est la recherche en grandes cultures au Québec, expliqué simplement ! Animé par Annie DeMelt, le balado donne la parole aux chercheuses et chercheurs du CÉROM, ainsi qu’à des agronomes et des producteurs, pour mieux comprendre les défis liés à la protection des cultures au Québec. Chaque épisode aborde un sujet précis, qu’il s’agisse des maladies fongiques, des ravageurs émergents ou des outils d’aide à la décision, pour mieux comprendre la science derrière les pratiques qui façonnent l’agriculture. Avec ce nouveau balado, le CÉROM propose une plongée claire et concrète dans la science qui guide les pratiques agricoles d’ici.

Crédit photo : CÉROM

Résumé scientifique

Grains de savoir, c’est une initiative qui s’inscrit dans le cadre du mandat confié au CÉROM par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), qui a permis la mise en œuvre d’une programmation de recherche en phytoprotection en grandes cultures entre 2023 et 2026.

Disponible depuis le 2 juin 2026 sur les principales plateformes d’écoute, ce balado propose tout au long de l’été une série de 10 épisodes d’environ 20 minutes, diffusés aux deux semaines. Le concept est simple : un sujet par épisode, abordé de manière claire et concrète. Chaque balado met en vedette un·e chercheur·e du CÉROM, souvent accompagné·e d’un·e agronome et/ou d’un producteur, afin de croiser les perspectives et d’établir des liens directs avec la réalité du terrain.

Les épisodes couvrent plusieurs enjeux clés en grandes cultures. Certains portent sur les maladies, comme la rouille du blé ou la sclérotiniose du soya, en explorant notamment des solutions comme les biofongicides ou les outils d’aide à la décision. D’autres s’intéressent à la gestion des insectes ravageurs, avec des discussions sur le ver-gris occidental du haricot, la chrysomèle du haricot ou la cécidomyie du chou-fleur dans le canola. La série met également en lumière des approches innovantes, comme le biocontrôle à l’aide de guêpes parasitoïdes (trichogrammes) ou l’intégration du canola d’automne dans les rotations pour réduire la pression des ravageurs et des mauvaises herbes. Des enjeux liés aux épidémies de pucerons et de virus sont aussi abordés.

Pour améliorer les stratégies de lutte, optimiser les interventions ou simplement mieux comprendre ce qui se passe dans les cultures, branchez-vous dès maintenant et laissez la recherche venir à vous!

Liste des épisodes :
E1 – Qui contrôle le ver-gris moissonneur : ce que l’éclosion de 2021 a révélé
E2 – Soya : quand un champignon combat un champignon
E3 – Virus de la mosaïque du concombre (CMV) : retour sur la crise de 2022
E4 – Cécidomyie du chou-fleur : moins traiter, mieux gérer
E5 – Rouilles du blé : un ennemi qui change de visage
E6 – Le ver-gris occidental du haricot : il hiverne au Québec
E7 – Chrysomèle du haricot : les connaissances qui font la différence
E8 – Lâcher les trichogrammes : quand les drones protègent le maïs
E9 – Oser l’automne : le canola comme outil de rotation
E10 – Sclérotiniose du soya : traiter ou ne pas traiter ?

Les épisodes vidéos se retrouvent sur la chaine YouTube du CÉROM et les balados sur les principales plateformes d’écoute Apple Podcast, Spotify et Amazon Music.

Objectifs

Promouvoir la diffusion de résultats de recherche en phytoprotection en grandes cultures

Crédit photo : CÉROM

Domaine : Phytoprotection
Spécialité : Biosurveillance, Entomologie, Phytopathologie
Porteur de projet : Sébastien Boquel
Collaborateur(s) interne(s) : Julien Saguez, Tanya Copley
Collaborateur(s) externe(s) : Hélène Brassard (MAPAQ), Michelle Breton (Groupe Proconseil), Isabelle Couture (MAPAQ), Guillaume Dallaire (Ferme Tournevent), Terry Drouin (Ferme Drouin & Maheu Inc), Geneviève Roy (Groupe Pleine Terre), Élisabeth Vachon (Les Moulins De Soulanges), Gil Weisman (Drone DesChamps), Annie DeMelt (Aura), Paul Karwatsky (Aura)
Source de financement : Programme d’Innovation bioalimentaire 2023-2028
Durée : 2023 – 2026
Culture : Blé, Canola, Cucurbitacées, Maïs, Soya
Pays : Canada
Régions : Montérégie Est
Statut : Terminé

GALERIE PHOTOS

VIDÉOS

PROJETS

Le nématode à kystes du soja (Heterodera glycines, synonyme NKS) est le ravageur le plus nuisible du soya dans le monde, causant des pertes estimées de plus de 880 millions de dollars (USD) annuellement depuis 2015 dans le nord des États-Unis et en Ontario (Crop Protection Network). La gestion du NKS se fait par la rotation des cultures avec des plantes non hôtes et l’utilisation de variétés de soja résistantes. Actuellement, environ 95 % des variétés résistantes contiennent une seule source de résistance provenant de PI 88788. En raison de la surexploitation de cette source, la résistance se dégrade aux États-Unis, ainsi que dans plusieurs champs en Ontario et au Québec. En conséquence, il est urgent de développer des variétés avec des sources de résistance alternatives afin de fournir aux producteurs canadiens des options alternatives pour prévenir l'effondrement de la résistance. Ce projet vise à développer de nouvelles variétés de soya à courte saison (MG 0 à MG 000) portant la résistance provenant de neuf nouvelles sources de résistance, et à confirmer leur résistance aux types Hg 0 et Hg 2.5.7 du NKS. Ces types Hg sont actuellement les types Hg prédominants au Canada, et le développement de nouvelles variétés résistantes à ces types Hg offrira donc aux producteurs de soya canadiens des sources de résistance alternatives au PI 88788 et contribuera à maintenir l'efficacité des variétés de soya résistantes. Pour développer les variétés, la prédiction génomique sera utilisée pour prédire les meilleurs croisements. Les croisements subiront ensuite une sélection assistée par marqueurs pour éliminer les lignées non résistantes, et les lignées avancées présentant des traits agronomiquement supérieurs seront soumises à un phénotypage contre les deux types Hg.
La résistance aux herbicides est devenue un problème majeur pour les producteurs de soya au Québec, surtout en Montérégie. Deux mauvaises herbes sont particulièrement préoccupantes : la petite herbe à poux, très compétitive, et le maïs spontané, qui pousse après la récolte et cause d’importantes pertes de rendement. Comme ces mauvaises herbes sont de plus en plus difficiles à contrôler, les producteurs doivent souvent utiliser davantage d’herbicides, ce qui augmente les coûts et la pression sur l’environnement. Ce projet vise à tester une nouvelle approche : utiliser des drones et l’intelligence artificielle pour repérer précisément les mauvaises herbes dans les champs, puis appliquer les herbicides seulement où c’est nécessaire. À l’aide d’images aériennes, un algorithme sera entraîné pour reconnaître automatiquement les foyers d’herbe à poux et de maïs spontané. Ces informations permettront de créer une carte de prescription qui guidera un pulvérisateur pour effectuer des traitements localisés. Les essais auront lieu sur quatre fermes en Montérégie durant trois ans. Le projet mesurera la précision de l’algorithme, la qualité du contrôle des mauvaises herbes, la réduction de la quantité d’herbicide utilisée, l’effet sur le rendement du soya et les économies possibles pour les producteurs. En somme, le projet cherche à démontrer qu’il est possible de réduire les pesticides tout en maintenant de bons rendements, grâce à l'utilisation des cartes de prescription.
Le ver-gris occidental du haricot (VGOH) est un papillon dont les larves s'attaquent principalement aux cultures de maïs (grain, ensilage et sucré). Il est difficile de lutter contre cet insecte puisque les larves (des chenilles) s'attaquent aux épis et que peu de méthodes sont actuellement disponibles. Les trichogrammes sont des micro-guêpes qui peuvent parasiter les œufs de plusieurs espèces de papillons ravageurs. Ils sont utilisés comme agents de lutte biologique dans plusieurs cultures fruitières et maraîchères, ainsi qu’en foresterie. Au cours des dernières années, nous avons démontré que les trichogrammes peuvent parasiter les œufs de VGOH. Dans certaines cultures, des trichocartes sont utilisées pour effectuer la lutte biologique. Mais l'utilisation de trichocartes n'est pas une méthode viable pour de grandes superficie. Les drones sont une technologie innovante pour faire de l'épandage de trichogrammes dans les champs. Cette méthode a déja été testée pour lutter contre la pyrale du maïs. Le projet vise donc à tester différentes méthodes d'épandage (en vrac ou en capsules) pour évaluer si cette technologie est efficace et rentable pour contrôler le VGOH. les populations de ver-gris occidental du haricot (VGOH) (Lepidoptera : Noctuidae). Des masses d’œufs avaient été collectées dans différents champs de la province pour déterminer s’il existe un parasitisme naturel et si oui, par quelle(s) espèce(s). Des essais préliminaires avaient également été réalisés en champ en effectuant des lâchers inondatifs de trichogrammes à l’aide de trichocartes sur de petites superficies. Les résultats avaient montré que les masses d’œufs peuvent être parasitées par diverses espèces de trichogrammes, mais naturellement c’est l’espèce T. minutum qui semble être la meilleure candidate pour contrôler le VGOH puisque quasiment 100% des masses d’œufs de VGOH étaient parasitées par cette espèce (Saguez, 2024). Bien que les trichogrammes soient efficaces contre les œufs de VGOH, il serait peu réaliste d’installer manuellement des trichocartes sur de grandes superficies de maïs grain ou ensilage ni même dans du maïs sucré destiné à la transformation. Il existe d’autres méthodes qui peuvent être envisagées pour les grands champs, parmi lesquelles la dispersion des trichogrammes par avion, à l’aide de drones (dispersion en vrac ou via des capsules) ou en utilisant des pulvérisateurs. Des études récentes ont été menées au Québec sur la pyrale du maïs et la tordeuse des bourgeons de l’épinette, avec l’utilisation de drone pour libérer des trichogrammes (Martel et al. 2021). Les résultats de ces travaux ont montré un parasitisme plus élevé des masses d’œufs de pyrale et de tordeuse dans les zones traitées par drone que dans les zones témoin. Cette étude a également montré que la synchronisation de l’épandage et le temps d’exposition des œufs sont des facteurs clefs dans le succès de la méthode. Une autre étude a également été effectuée par l’Université Laval à l’aide d’un pulvérisateur installé sur un véhicule tout terrain (Dionne, 2019). En 2021, un épandage par drone de trichogrammes en vrac sur vermiculite avait été réalisé dans deux champs et les résultats avaient indiqué une réduction des dommages liés au VGOH dans les sections traitées avec des trichogrammes comparativement au témoin (Saguez, non publié). Le présent projet qui s’est déroulé au cours des saisons 2022 à 2024 visait à confirmer l’efficacité des différentes méthodes d’épandage de trichogrammes pour le contrôle du VGOH.
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