Phytoprotection
Entomologie, Génétique d’autres cultures, Malherbologie

Évaluation de techniques d’implantation pour le lin et le canola d’automne pour promouvoir l’intégration de ces cultures émergentes dans les rotations

Résumé vulgarisé

Ce projet vise à améliorer l’intégration du canola d’automne et du lin dans les rotations de grandes cultures au Québec, en explorant des méthodes d’ensemencement mieux adaptées à leurs besoins. Bien que ces deux cultures présentent un fort potentiel agronomique et économique, leur adoption reste limitée, notamment à cause d’un manque de connaissances sur les meilleures pratiques de semis. Le projet testera donc le semis traditionnel en rang et le semis à la volée — une méthode plus flexible — afin d’évaluer leurs effets sur la survie hivernale, le rendement, la gestion des mauvaises herbes et la réduction des ravageurs pour le canola, ainsi que sur la double production de grains et de fibres pour le lin. L’objectif est d’optimiser les techniques culturales pour faciliter l’adoption de ces cultures émergentes, promouvoir la diversification agricole au Québec et réduire l’utilisation de pesticides.

Crédit photo : CÉROM

Résumé scientifique

Le canola et le lin sont deux cultures émergentes qui ont fait leurs preuves au Québec et qui ont le potentiel de bien s’intégrer dans les rotations de cultures, notamment dans les régions périphériques. Cependant, les objectifs des producteurs ont évolué au fil du temps, ce qui nécessite de repenser les méthodes de culture afin d’optimiser et promouvoir leur production.

Dans le cas du canola d’automne, son inclusion dans les rotations de cultures est une pratique relativement bien implantée aux États-Unis, ainsi qu’en Ontario, mais qui reste encore peu utilisée au Québec en raison notamment du manque de connaissances sur son implantation (type d’ensemencement, date de semis), sa survie hivernale et son potentiel de rendement. Pourtant, cette culture comporte un certain nombre d’avantages puisqu’elle permet d’améliorer les rendements, d’offrir une couverture du sol limitant l’érosion à l’automne et au printemps, d’éviter les dommages causés par certains insectes ravageurs en raison de la désynchronisation de leur pic d’activité et des stades de croissance vulnérables de la plante, et de compétitionner les mauvaises herbes, ces deux derniers favorisant la réduction de l’utilisation de pesticides. Cette culture gagne en popularité et de plus en plus de producteurs conventionnels et biologiques la teste sur de petites parcelles. Toutefois, un des freins à son développement est son intégration dans les rotations de grandes cultures.

Dans le cas du lin, de nouveaux marchés ont ouvert des possibilités de valorisation de la paille pour la production de fibres, faisant passer la production d’une simple culture de grain à une à double fin. Cependant, les méthodes de production du lin grain et du lin textile sont très différentes. Le premier nécessite de faibles taux de semis pour augmenter la ramification des plants alors que le second requiert un semis dense pour favoriser la production de tiges. Une partie de la solution consiste à penser « hors rang », en semant de manière homogène, à la volée, pour maximiser la population. L’amélioration des techniques d’implantation peut s’avérer essentielle pour accroître la rentabilité d’une culture à double fin et par conséquent, l’adoption du lin par un plus grand nombre de producteurs au Québec. Dans les deux cas, des évolutions des modes de production nécessiteront l’optimisation de nouvelles techniques, notamment en matière d’ensemencement. De nouvelles approches de dates, de doses, et de types de semis (à la volée ou en rang) devront être envisagées pour les intégrer plus facilement aux rotations de culture actuelles. Le semis à la volée est de plus en plus exploré par les producteurs de grandes cultures du Québec en raison de son adaptabilité à un large éventail de situations d’ensemencement. Pour les cultures semées à l’automne, il permet de semer directement dans une culture précédente sur pied, ce qui donne une plus grande souplesse pour respecter les dates optimales de semis tout en gardant le sol couvert durant les périodes critiques. Pour les cultures semées au printemps, il permet une plus grande modulation des taux et des densités de semis, tout en permettant des techniques telles que l’ensemencement sur sol gelé. Lorsque l’on envisage de nouvelles cultures ou des cultures sous-utilisées, il est essentiel d’explorer toutes les possibilités de régie. Le semis à la volée a un grand potentiel pour promouvoir l’intégration de ces deux cultures émergentes à fort potentiel de croissance dans les rotations.

Objectifs

Ce projet vise à tester différentes dates, doses et méthodes d’ensemencement (à la volée ou en rang) afin d’étudier leur impact sur la croissance et la productivité du canola d’automne et du lin, deux cultures présentant un intérêt croissant de la part des producteurs.

Pour le canola d’automne, les objectifs spécifiques sont d’évaluer, pour chaque date et mode d’ensemencement :

  1. La survie hivernale ;
  2. L’efficacité du canola d’automne à éviter les dommages causés par les principaux ravageurs du canola (altises, cécidomyie du chou-fleur, charançon de la silique, punaise terne et fausse-teigne des crucifères) en début de saison et lors de la reprise de croissance ;
  3. L’effet d’une couverture de canola d’automne sur les mauvaises herbes présentes ;
  4. Le rendement.

Pour le lin, les objectifs spécifiques sont de déterminer le type de semis et la dose optimale permettant de :

  1. Maximiser la production de paille et de grain ;
  2. Réduire la présence de mauvaises herbes.

Crédit photo : CÉROM

Domaine : Phytogénétique, Phytoprotection
Spécialité : Entomologie, Génétique d’autres cultures, Malherbologie
Porteur de projet : Sébastien Boquel
Collaborateur(s) interne(s) : Michel McElroy, Sandra Flores-Mejia
Collaborateur(s) externe(s) : Hugues Groleau (Écosphère), Antoine Rhéaume (Écosphère), Mélanie Raymond (Écosphère), Claude Roy (Centre de formation professionnel Mont-Joli - Rimouski), Ayitre Akpakouma (MAPAQ)
Source de financement : Programme innovation bioalimentaire 2023-2028
Durée : 2025 – 2028
Culture : Canola, Lin
Pays : Canada
Régions : Bas-Saint-Laurent, Montérégie
Statut : En cours

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PROJETS

Le nématode à kystes du soja (Heterodera glycines, synonyme NKS) est le ravageur le plus nuisible du soya dans le monde, causant des pertes estimées de plus de 880 millions de dollars (USD) annuellement depuis 2015 dans le nord des États-Unis et en Ontario (Crop Protection Network). La gestion du NKS se fait par la rotation des cultures avec des plantes non hôtes et l’utilisation de variétés de soja résistantes. Actuellement, environ 95 % des variétés résistantes contiennent une seule source de résistance provenant de PI 88788. En raison de la surexploitation de cette source, la résistance se dégrade aux États-Unis, ainsi que dans plusieurs champs en Ontario et au Québec. En conséquence, il est urgent de développer des variétés avec des sources de résistance alternatives afin de fournir aux producteurs canadiens des options alternatives pour prévenir l'effondrement de la résistance. Ce projet vise à développer de nouvelles variétés de soya à courte saison (MG 0 à MG 000) portant la résistance provenant de neuf nouvelles sources de résistance, et à confirmer leur résistance aux types Hg 0 et Hg 2.5.7 du NKS. Ces types Hg sont actuellement les types Hg prédominants au Canada, et le développement de nouvelles variétés résistantes à ces types Hg offrira donc aux producteurs de soya canadiens des sources de résistance alternatives au PI 88788 et contribuera à maintenir l'efficacité des variétés de soya résistantes. Pour développer les variétés, la prédiction génomique sera utilisée pour prédire les meilleurs croisements. Les croisements subiront ensuite une sélection assistée par marqueurs pour éliminer les lignées non résistantes, et les lignées avancées présentant des traits agronomiquement supérieurs seront soumises à un phénotypage contre les deux types Hg.
La résistance aux herbicides est devenue un problème majeur pour les producteurs de soya au Québec, surtout en Montérégie. Deux mauvaises herbes sont particulièrement préoccupantes : la petite herbe à poux, très compétitive, et le maïs spontané, qui pousse après la récolte et cause d’importantes pertes de rendement. Comme ces mauvaises herbes sont de plus en plus difficiles à contrôler, les producteurs doivent souvent utiliser davantage d’herbicides, ce qui augmente les coûts et la pression sur l’environnement. Ce projet vise à tester une nouvelle approche : utiliser des drones et l’intelligence artificielle pour repérer précisément les mauvaises herbes dans les champs, puis appliquer les herbicides seulement où c’est nécessaire. À l’aide d’images aériennes, un algorithme sera entraîné pour reconnaître automatiquement les foyers d’herbe à poux et de maïs spontané. Ces informations permettront de créer une carte de prescription qui guidera un pulvérisateur pour effectuer des traitements localisés. Les essais auront lieu sur quatre fermes en Montérégie durant trois ans. Le projet mesurera la précision de l’algorithme, la qualité du contrôle des mauvaises herbes, la réduction de la quantité d’herbicide utilisée, l’effet sur le rendement du soya et les économies possibles pour les producteurs. En somme, le projet cherche à démontrer qu’il est possible de réduire les pesticides tout en maintenant de bons rendements, grâce à l'utilisation des cartes de prescription.
Le ver-gris occidental du haricot (VGOH) est un papillon dont les larves s'attaquent principalement aux cultures de maïs (grain, ensilage et sucré). Il est difficile de lutter contre cet insecte puisque les larves (des chenilles) s'attaquent aux épis et que peu de méthodes sont actuellement disponibles. Les trichogrammes sont des micro-guêpes qui peuvent parasiter les œufs de plusieurs espèces de papillons ravageurs. Ils sont utilisés comme agents de lutte biologique dans plusieurs cultures fruitières et maraîchères, ainsi qu’en foresterie. Au cours des dernières années, nous avons démontré que les trichogrammes peuvent parasiter les œufs de VGOH. Dans certaines cultures, des trichocartes sont utilisées pour effectuer la lutte biologique. Mais l'utilisation de trichocartes n'est pas une méthode viable pour de grandes superficie. Les drones sont une technologie innovante pour faire de l'épandage de trichogrammes dans les champs. Cette méthode a déja été testée pour lutter contre la pyrale du maïs. Le projet vise donc à tester différentes méthodes d'épandage (en vrac ou en capsules) pour évaluer si cette technologie est efficace et rentable pour contrôler le VGOH. les populations de ver-gris occidental du haricot (VGOH) (Lepidoptera : Noctuidae). Des masses d’œufs avaient été collectées dans différents champs de la province pour déterminer s’il existe un parasitisme naturel et si oui, par quelle(s) espèce(s). Des essais préliminaires avaient également été réalisés en champ en effectuant des lâchers inondatifs de trichogrammes à l’aide de trichocartes sur de petites superficies. Les résultats avaient montré que les masses d’œufs peuvent être parasitées par diverses espèces de trichogrammes, mais naturellement c’est l’espèce T. minutum qui semble être la meilleure candidate pour contrôler le VGOH puisque quasiment 100% des masses d’œufs de VGOH étaient parasitées par cette espèce (Saguez, 2024). Bien que les trichogrammes soient efficaces contre les œufs de VGOH, il serait peu réaliste d’installer manuellement des trichocartes sur de grandes superficies de maïs grain ou ensilage ni même dans du maïs sucré destiné à la transformation. Il existe d’autres méthodes qui peuvent être envisagées pour les grands champs, parmi lesquelles la dispersion des trichogrammes par avion, à l’aide de drones (dispersion en vrac ou via des capsules) ou en utilisant des pulvérisateurs. Des études récentes ont été menées au Québec sur la pyrale du maïs et la tordeuse des bourgeons de l’épinette, avec l’utilisation de drone pour libérer des trichogrammes (Martel et al. 2021). Les résultats de ces travaux ont montré un parasitisme plus élevé des masses d’œufs de pyrale et de tordeuse dans les zones traitées par drone que dans les zones témoin. Cette étude a également montré que la synchronisation de l’épandage et le temps d’exposition des œufs sont des facteurs clefs dans le succès de la méthode. Une autre étude a également été effectuée par l’Université Laval à l’aide d’un pulvérisateur installé sur un véhicule tout terrain (Dionne, 2019). En 2021, un épandage par drone de trichogrammes en vrac sur vermiculite avait été réalisé dans deux champs et les résultats avaient indiqué une réduction des dommages liés au VGOH dans les sections traitées avec des trichogrammes comparativement au témoin (Saguez, non publié). Le présent projet qui s’est déroulé au cours des saisons 2022 à 2024 visait à confirmer l’efficacité des différentes méthodes d’épandage de trichogrammes pour le contrôle du VGOH.

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