Phytoprotection
Entomologie

Effet d’une culture-piège en bordure de champ de pois sur les populations de punaises

Résumé vulgarisé

Les punaises Pentatomidae deviennent un problème croissant dans la culture du pois hâtif au Québec. Elles n’ont que peu d’impact sur les rendements, mais elles contaminent les récoltes en raison de leur ressemblance avec les pois, ce qui complique le triage optique en usine. Le secteur à donc recours au lannate, un produit très nocif, mais souhaite cependant trouver des solutions plus écologiques afin de ne plus avoir recours à cet insecticide. Une méthode prometteuse est l’utilisation de cultures-pièges, comme le tournesol, qui attire les punaises et les détourne du pois. Des essais ont montré que ces cultures attirent davantage de punaises que le pois seul. D’autres plantes comme le seigle ou certaines graminées pourraient aussi fonctionner. Pour être efficace, la culture-piège devrait mélanger plusieurs espèces pour rester attractive pour les punaises tout au long de la saison. Le projet vise à évaluer l’efficacité d’une culture-piège afin de réduire la quantité de punaises Pentatomidae dans le pois.

Crédit photo : CÉROM

Résumé scientifique

Depuis les dernières années, les punaises de la famille des Pentatomidae posent de plus en plus de problèmes dans la culture du pois hâtif au Québec. Bien que leur présence sur les plants ne provoque pas de pertes de rendement significatives, elles contaminent toutefois les récoltes. En effet, leur ressemblance avec le pois, quant à leur taille et leur couleur, rend l’opération de triage optique en usine très difficile. La faible disponibilité d’insecticides homologués et efficaces pour contrôler ces punaises a forcé le secteur à se tourner vers un insecticide à large spectre très nocif, le lannate. Néanmoins, les industriels de ce secteur aimeraient utiliser des moyens de contrôle plus respectueux de l’environnement. Une des méthodes de lutte envisageable consiste en l’utilisation de cultures-pièges. Ces dernières servent à attirer et retenir les insectes ravageurs afin d’éviter qu’ils ne colonisent une culture principale. La culture-piège peut être plantée en périphérie du champ à protéger, ou à l’intérieur sous forme de rangs intercalés. Un projet préliminaire conduit en 2018 au CÉROM a montré que les flux de populations entrants et sortants d’une culture-piège constituée de tournesol étaient plus abondants que dans un champ de pois seul. L’étude rapporte également que le tournesol est attractif et pourrait constituer un refuge pour les punaises. D’autres études rapportent que le seigle et plus généralement les graminées pourraient constituer des cultures-pièges potentielles pour les punaises. En outre, une culture-piège constituée de plusieurs espèces végétales et une gestion continue de cette dernière seraient nécessaires pour assurer une disponibilité alimentaire optimale et ainsi concurrencer la culture commerciale pour l’alimentation des punaises.

Objectifs

L’objectif du présent projet vise évaluer l’efficacité d’une culture-piège comme moyen pour réduire les populations de punaises brunes (E. servus euschistoides) dans la culture du pois hâtif.

Plus spécifiquement, ce projet vise à caractériser l’effet de différentes cultures-pièges composées de seigle d’automne semé seul, de seigle d’automne semé en combinaison avec du tournesol ou encore de seigle d’automne semé en combinaison avec du blé de printemps. Les semis en combinaisons permettraient d’assurer une disponibilité alimentaire optimale et ainsi concurrencer la culture commerciale pour l’alimentation des punaises. L’attraction, la rétention ainsi que l’abondance des punaises brunes dans les cultures-pièges et dans les parcelles de pois hâtif seront suivies.

Crédit photo : CÉROM

Domaine : Phytoprotection
Spécialité : Entomologie
Porteur de projet : Sébastien Boquel
Collaborateur(s) externe(s) : Myriam Gagnon (FQPFLT), Yves Duquet (Bonduelle), Robert Deschamps (Bonduelle)
Source de financement : Industrie
Durée : 2018 – 2020
Culture : Pois
Pays : Canada
Régions : Montérégie
Statut : Terminé

GALERIE PHOTOS

PROJETS

Le nématode à kystes du soja (Heterodera glycines, synonyme NKS) est le ravageur le plus nuisible du soya dans le monde, causant des pertes estimées de plus de 880 millions de dollars (USD) annuellement depuis 2015 dans le nord des États-Unis et en Ontario (Crop Protection Network). La gestion du NKS se fait par la rotation des cultures avec des plantes non hôtes et l’utilisation de variétés de soja résistantes. Actuellement, environ 95 % des variétés résistantes contiennent une seule source de résistance provenant de PI 88788. En raison de la surexploitation de cette source, la résistance se dégrade aux États-Unis, ainsi que dans plusieurs champs en Ontario et au Québec. En conséquence, il est urgent de développer des variétés avec des sources de résistance alternatives afin de fournir aux producteurs canadiens des options alternatives pour prévenir l'effondrement de la résistance. Ce projet vise à développer de nouvelles variétés de soya à courte saison (MG 0 à MG 000) portant la résistance provenant de neuf nouvelles sources de résistance, et à confirmer leur résistance aux types Hg 0 et Hg 2.5.7 du NKS. Ces types Hg sont actuellement les types Hg prédominants au Canada, et le développement de nouvelles variétés résistantes à ces types Hg offrira donc aux producteurs de soya canadiens des sources de résistance alternatives au PI 88788 et contribuera à maintenir l'efficacité des variétés de soya résistantes. Pour développer les variétés, la prédiction génomique sera utilisée pour prédire les meilleurs croisements. Les croisements subiront ensuite une sélection assistée par marqueurs pour éliminer les lignées non résistantes, et les lignées avancées présentant des traits agronomiquement supérieurs seront soumises à un phénotypage contre les deux types Hg.
La résistance aux herbicides est devenue un problème majeur pour les producteurs de soya au Québec, surtout en Montérégie. Deux mauvaises herbes sont particulièrement préoccupantes : la petite herbe à poux, très compétitive, et le maïs spontané, qui pousse après la récolte et cause d’importantes pertes de rendement. Comme ces mauvaises herbes sont de plus en plus difficiles à contrôler, les producteurs doivent souvent utiliser davantage d’herbicides, ce qui augmente les coûts et la pression sur l’environnement. Ce projet vise à tester une nouvelle approche : utiliser des drones et l’intelligence artificielle pour repérer précisément les mauvaises herbes dans les champs, puis appliquer les herbicides seulement où c’est nécessaire. À l’aide d’images aériennes, un algorithme sera entraîné pour reconnaître automatiquement les foyers d’herbe à poux et de maïs spontané. Ces informations permettront de créer une carte de prescription qui guidera un pulvérisateur pour effectuer des traitements localisés. Les essais auront lieu sur quatre fermes en Montérégie durant trois ans. Le projet mesurera la précision de l’algorithme, la qualité du contrôle des mauvaises herbes, la réduction de la quantité d’herbicide utilisée, l’effet sur le rendement du soya et les économies possibles pour les producteurs. En somme, le projet cherche à démontrer qu’il est possible de réduire les pesticides tout en maintenant de bons rendements, grâce à l'utilisation des cartes de prescription.
Le ver-gris occidental du haricot (VGOH) est un papillon dont les larves s'attaquent principalement aux cultures de maïs (grain, ensilage et sucré). Il est difficile de lutter contre cet insecte puisque les larves (des chenilles) s'attaquent aux épis et que peu de méthodes sont actuellement disponibles. Les trichogrammes sont des micro-guêpes qui peuvent parasiter les œufs de plusieurs espèces de papillons ravageurs. Ils sont utilisés comme agents de lutte biologique dans plusieurs cultures fruitières et maraîchères, ainsi qu’en foresterie. Au cours des dernières années, nous avons démontré que les trichogrammes peuvent parasiter les œufs de VGOH. Dans certaines cultures, des trichocartes sont utilisées pour effectuer la lutte biologique. Mais l'utilisation de trichocartes n'est pas une méthode viable pour de grandes superficie. Les drones sont une technologie innovante pour faire de l'épandage de trichogrammes dans les champs. Cette méthode a déja été testée pour lutter contre la pyrale du maïs. Le projet vise donc à tester différentes méthodes d'épandage (en vrac ou en capsules) pour évaluer si cette technologie est efficace et rentable pour contrôler le VGOH. les populations de ver-gris occidental du haricot (VGOH) (Lepidoptera : Noctuidae). Des masses d’œufs avaient été collectées dans différents champs de la province pour déterminer s’il existe un parasitisme naturel et si oui, par quelle(s) espèce(s). Des essais préliminaires avaient également été réalisés en champ en effectuant des lâchers inondatifs de trichogrammes à l’aide de trichocartes sur de petites superficies. Les résultats avaient montré que les masses d’œufs peuvent être parasitées par diverses espèces de trichogrammes, mais naturellement c’est l’espèce T. minutum qui semble être la meilleure candidate pour contrôler le VGOH puisque quasiment 100% des masses d’œufs de VGOH étaient parasitées par cette espèce (Saguez, 2024). Bien que les trichogrammes soient efficaces contre les œufs de VGOH, il serait peu réaliste d’installer manuellement des trichocartes sur de grandes superficies de maïs grain ou ensilage ni même dans du maïs sucré destiné à la transformation. Il existe d’autres méthodes qui peuvent être envisagées pour les grands champs, parmi lesquelles la dispersion des trichogrammes par avion, à l’aide de drones (dispersion en vrac ou via des capsules) ou en utilisant des pulvérisateurs. Des études récentes ont été menées au Québec sur la pyrale du maïs et la tordeuse des bourgeons de l’épinette, avec l’utilisation de drone pour libérer des trichogrammes (Martel et al. 2021). Les résultats de ces travaux ont montré un parasitisme plus élevé des masses d’œufs de pyrale et de tordeuse dans les zones traitées par drone que dans les zones témoin. Cette étude a également montré que la synchronisation de l’épandage et le temps d’exposition des œufs sont des facteurs clefs dans le succès de la méthode. Une autre étude a également été effectuée par l’Université Laval à l’aide d’un pulvérisateur installé sur un véhicule tout terrain (Dionne, 2019). En 2021, un épandage par drone de trichogrammes en vrac sur vermiculite avait été réalisé dans deux champs et les résultats avaient indiqué une réduction des dommages liés au VGOH dans les sections traitées avec des trichogrammes comparativement au témoin (Saguez, non publié). Le présent projet qui s’est déroulé au cours des saisons 2022 à 2024 visait à confirmer l’efficacité des différentes méthodes d’épandage de trichogrammes pour le contrôle du VGOH.
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