Phytoprotection
Entomologie

Déterminer un seuil d’intervention spécifique au Québec pour la cécidomyie du chou-fleur dans la culture du canola

Résumé vulgarisé

Le canola est une culture importante dans certaines régions froides du Québec, comme l’Abitibi-Témiscamingue, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, le Bas-Saint-Laurent et la Chaudière-Appalaches. La cécidomyie du chou-fleur (CCF) est présente partout où l’on cultive du canola et elle représente l’un de ses principaux ravageurs . Les CCF sont parfois si nombreuses qu’elles pourraient faire baisser les rendements et causer des pertes économiques, ce qui mettrait en danger l’intérêt pour cette culture dans la province. En Ontario, il est recommandé d’intervenir dès que 3 à 5 CCF/piège/jour sont capturées lors des stades sensibles du canola, pour éviter qu’elles causent trop de dégâts. Au Québec, ce seuil d’intervention n’est pas encore validé. En fait, des recherches antérieures suggèrent que des pertes réelles de rendement n’arriveraient qu’à partir de 40 CCF/piège/jour, ce qui veut dire que traiter à 3 ou 5 pourrait être inutile et mener à des applications d’insecticides inutiles. Le but du projet actuel est donc de définir un seuil d’intervention adapté au Québec, afin de mieux décider quand utiliser des insecticides et éviter les traitements inutiles. Cela aidera les producteurs à mieux gérer la culture du canola, tout en restant rentables et compétitifs.

Crédit photo : Sandrine Corriveau-Tousignant

Résumé scientifique

Le canola représente une part importante des superficies cultivées en grandes cultures pour certaines régions froides du Québec, notamment en Abitibi-Témiscamingue, au Saguenay-Lac-St-Jean, au Bas-St-Laurent et en Chaudière-Appalaches. Les dépistages réalisés dans le cadre du RAP Grandes cultures montrent que la cécidomyie du chou-fleur (CCF) est présente dans l’ensemble des régions productrices de canola au Québec et est l’un des principaux ravageurs de cette culture. Les densités de population parfois élevées laissent croire qu’elle pourrait engendrer des baisses de rendement et des pertes économiques susceptibles de menacer l’intérêt pour cette culture au Québec. En Ontario, un seuil d’intervention de 5 CCF/piège/jour aux stades vulnérables du canola (BBCH13-58) est généralement utilisé, mais celui-ci a récemment été abaissé à 3 CCF/piège/jour. Cette diminution du seuil est utilisée en approche préventive pour éviter que les populations de CCF atteignent un niveau au-delà duquel les plants de canola commencent à compenser les dommages causés en produisant de nouveaux points de croissance. Cependant, ce seuil d’intervention n’est que peu utilisé au Québec car il n’a pas été validé. Les résultats d’un précédent projet suggèrent que des pertes de rendements ne se produiraient qu’à partir de 40 CCF/piège/jour. Il y a donc des raisons de croire que des taux de captures aussi faibles que 3-5 CCF/piège/jour impacteraient très peu le rendement pour les conditions du Québec et que les applications d’insecticides effectuées à ces seuils ne seraient pas nécessaires. Le présent projet vise donc à déterminer un seuil d’intervention spécifique au Québec en tenant compte des dommages et des pertes de rendement causés par la CCF. Le développement d’un tel seuil permettra de déterminer l’importance et la pertinence des traitements insecticides dans le canola et d’aider les producteurs à utiliser des insecticides uniquement lorsque nécessaire. À terme, ces résultats amélioreront les connaissances de la gestion intégrée dans cette culture et permettront aux producteurs de canola de rester compétitifs et rentables.

Objectifs

Le présent projet a pour objectif de déterminer un seuil économique d’intervention spécifique au Québec pour la cécidomyie du chou-fleur (CCF) dans la culture du canola. Plus spécifiquement, ce projet vise à :

  1. Évaluer l’impact de l’abondance de CCF sur les rendements en canola
  2. Valider un seuil d’intervention en comparant le seuil de l’Ontario avec le seuil présumé au Québec

Ce projet sur la cécidomyie du chou-fleur vise à donc à outiller les producteurs en leur fournissant un seuil d’intervention spécifique pour les conditions du Québec.

Crédit photo : CÉROM

Domaine : Phytoprotection
Spécialité : Entomologie
Porteur de projet : Sébastien Boquel
Collaborateur(s) externe(s) : Geneviève Telmosse (Agriculture et Agroalimentaire Canada), Hélène Brassard (MAPAQ), Ayitre Akpakouma (MAPAQ), Véronique Samson (MAPAQ)
Source de financement : Programmation de recherche en phytoprotection en grandes cultures
Durée : 2023 – 2026
Culture : Canola
Pays : Canada
Régions : Bas-Saint-Laurent, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Montérégie
Statut : En cours

GALERIE PHOTOS

PROJETS

La résistance aux herbicides est devenue un problème majeur pour les producteurs de soya au Québec, surtout en Montérégie. Deux mauvaises herbes sont particulièrement préoccupantes : la petite herbe à poux, très compétitive, et le maïs spontané, qui pousse après la récolte et cause d’importantes pertes de rendement. Comme ces mauvaises herbes sont de plus en plus difficiles à contrôler, les producteurs doivent souvent utiliser davantage d’herbicides, ce qui augmente les coûts et la pression sur l’environnement. Ce projet vise à tester une nouvelle approche : utiliser des drones et l’intelligence artificielle pour repérer précisément les mauvaises herbes dans les champs, puis appliquer les herbicides seulement où c’est nécessaire. À l’aide d’images aériennes, un algorithme sera entraîné pour reconnaître automatiquement les foyers d’herbe à poux et de maïs spontané. Ces informations permettront de créer une carte de prescription qui guidera un pulvérisateur pour effectuer des traitements localisés. Les essais auront lieu sur quatre fermes en Montérégie durant trois ans. Le projet mesurera la précision de l’algorithme, la qualité du contrôle des mauvaises herbes, la réduction de la quantité d’herbicide utilisée, l’effet sur le rendement du soya et les économies possibles pour les producteurs. En somme, le projet cherche à démontrer qu’il est possible de réduire les pesticides tout en maintenant de bons rendements, grâce à l'utilisation des cartes de prescription.
Le ver-gris occidental du haricot (VGOH) est un papillon dont les larves s'attaquent principalement aux cultures de maïs (grain, ensilage et sucré). Il est difficile de lutter contre cet insecte puisque les larves (des chenilles) s'attaquent aux épis et que peu de méthodes sont actuellement disponibles. Les trichogrammes sont des micro-guêpes qui peuvent parasiter les œufs de plusieurs espèces de papillons ravageurs. Ils sont utilisés comme agents de lutte biologique dans plusieurs cultures fruitières et maraîchères, ainsi qu’en foresterie. Au cours des dernières années, nous avons démontré que les trichogrammes peuvent parasiter les œufs de VGOH. Dans certaines cultures, des trichocartes sont utilisées pour effectuer la lutte biologique. Mais l'utilisation de trichocartes n'est pas une méthode viable pour de grandes superficie. Les drones sont une technologie innovante pour faire de l'épandage de trichogrammes dans les champs. Cette méthode a déja été testée pour lutter contre la pyrale du maïs. Le projet vise donc à tester différentes méthodes d'épandage (en vrac ou en capsules) pour évaluer si cette technologie est efficace et rentable pour contrôler le VGOH. les populations de ver-gris occidental du haricot (VGOH) (Lepidoptera : Noctuidae). Des masses d’œufs avaient été collectées dans différents champs de la province pour déterminer s’il existe un parasitisme naturel et si oui, par quelle(s) espèce(s). Des essais préliminaires avaient également été réalisés en champ en effectuant des lâchers inondatifs de trichogrammes à l’aide de trichocartes sur de petites superficies. Les résultats avaient montré que les masses d’œufs peuvent être parasitées par diverses espèces de trichogrammes, mais naturellement c’est l’espèce T. minutum qui semble être la meilleure candidate pour contrôler le VGOH puisque quasiment 100% des masses d’œufs de VGOH étaient parasitées par cette espèce (Saguez, 2024). Bien que les trichogrammes soient efficaces contre les œufs de VGOH, il serait peu réaliste d’installer manuellement des trichocartes sur de grandes superficies de maïs grain ou ensilage ni même dans du maïs sucré destiné à la transformation. Il existe d’autres méthodes qui peuvent être envisagées pour les grands champs, parmi lesquelles la dispersion des trichogrammes par avion, à l’aide de drones (dispersion en vrac ou via des capsules) ou en utilisant des pulvérisateurs. Des études récentes ont été menées au Québec sur la pyrale du maïs et la tordeuse des bourgeons de l’épinette, avec l’utilisation de drone pour libérer des trichogrammes (Martel et al. 2021). Les résultats de ces travaux ont montré un parasitisme plus élevé des masses d’œufs de pyrale et de tordeuse dans les zones traitées par drone que dans les zones témoin. Cette étude a également montré que la synchronisation de l’épandage et le temps d’exposition des œufs sont des facteurs clefs dans le succès de la méthode. Une autre étude a également été effectuée par l’Université Laval à l’aide d’un pulvérisateur installé sur un véhicule tout terrain (Dionne, 2019). En 2021, un épandage par drone de trichogrammes en vrac sur vermiculite avait été réalisé dans deux champs et les résultats avaient indiqué une réduction des dommages liés au VGOH dans les sections traitées avec des trichogrammes comparativement au témoin (Saguez, non publié). Le présent projet qui s’est déroulé au cours des saisons 2022 à 2024 visait à confirmer l’efficacité des différentes méthodes d’épandage de trichogrammes pour le contrôle du VGOH.
Piège-fosse à phéromone pour taupins

Inscription à l'infolettre