Régie des cultures
Cultures de couverture, Malherbologie, Rotation des cultures

Sensibilisation à l’utilisation des cultures de couverture dans le contrôle des mauvaises herbes dans des systèmes de grandes cultures biologiques intégrant le chanvre industriel au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Résumé vulgarisé

La gestion des mauvaises herbes (MH) est un enjeu majeur en grandes cultures biologiques au Saguenay-Lac-Saint-Jean (SLSJ). Les cultures de couverture (CC) peuvent être une méthode efficace de lutte contre les MH. Cependant, leur efficacité dépend fortement du choix de l’espèce, du moment de leur intégration dans les rotations des cultures et des conditions pédoclimatiques. Le chanvre industriel destiné à la production de grains est une culture émergente dans la région du SLSJ en raison de sa rentabilité économique. Cependant, sa croissance lente et le faible arsenal d’outils de désherbage dans cette culture favorisent le développement des MH.

Crédit photo : Dalel Abdi

Résumé scientifique

L’objectif de ce projet de transfert de connaissance est de démontrer aux producteurs agricoles la faisabilité et l’efficacité de l’utilisation des CC dans le contrôle des MH en grandes cultures biologiques intégrant le chanvre industriel, et par la suite, de les sensibiliser à adopter cette pratique agroenvironnementale durable.
Des parcelles de démonstration ont été établies sur cinq entreprises de grandes cultures biologiques au SLSJ intégrant le chanvre industriel dans leurs rotations. Différentes espèces de CC – en pur ou en mélange – ont été semées sur trois parcelles, soit en association avec le chanvre ou en dérobée, soit comme engrais verts de pleine saison, et comparées à une parcelle de référence sans CC. Les traitements étaient différents d’une entreprise agricole à l’autre en fonction du précédent cultural dans la rotation et des particularités techniques de la ferme. Des données agronomiques (taux de levée et du recouvrement du chanvre, taux du recouvrement et biomasse aérienne des CC et des MH) ont été prises au cours de la saison. Des visites à tous les sites ont été faites par des membres de l’équipe du projet pour évaluer l’avancement de l’établissement des CC et la présence des MH. Après la récolte du chanvre, une journée de démonstration a été organisée à deux fermes participantes, lors de laquelle le projet et ses résultats ont été présentés aux participants et des visites des parcelles de démonstration ont été faites. Ce projet démontre que plusieurs pratiques d’intégration des CC dans les rotations du chanvre s’avèrent intéressantes dans le contrôle de MH, dont certaines se distinguent plus que d’autres.

Objectifs

Démontrer l’importance de l’utilisation des cultures de couverture dans différents types de rotation en grandes cultures biologiques intégrant le chanvre industriel dans :

  • La lutte contre les mauvaises herbes dans le chanvre et les cultures subséquentes
  • L’amélioration des rendements du chanvre et des cultures subséquentes
  • La rentabilité économique de ces systèmes innovateurs

Crédit photo : CÉROM

Domaine : Phytoprotection, Régie des cultures
Spécialité : Cultures de couverture, Malherbologie, Rotation des cultures
Porteur de projet : Dalel Abdi
Collaborateur(s) interne(s) : Sandra Flores-Mejia, Marie Bipfubusa
Collaborateur(s) externe(s) : Audrey Bouchard (Groupe multiconseil agricole), Denis La France (CETAB+), Julie Anne Wilkinson (CETAB+), Alexandra Gagnon (Groupe multiconseil agricole)
Source de financement : Ce projet a été financé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation dans le cadre du programme Prime-Vert.
Durée : 2023 – 2025
Culture : Chanvre industriel
Pays : Canada
Régions : Saguenay–Lac-Saint-Jean
Statut : Terminé

PROJETS

L’utilisation d’hybrides performants, adaptées à l’environnement de la production biologique (maladies, ravageurs, mauvaises herbes, etc.) et aux conditions météorologiques extrêmes associées de plus en plus aux changements climatiques, et dont les critères de qualité correspondent aux exigences des acheteurs est un des éléments clés de la réussite du secteur de la production du maïs sucré en général, et celui destiné à la transformation en particulier. Or, les cultivars de maïs sucré de transformation présentement utilisés en régie biologique par l’industrie ont été généralement approuvés à la suite des évaluations sous régie conventionnelle, et peuvent donc performer différemment en régie biologique. Par ailleurs, bien que les différentes compagnies semencières réalisent leurs propres essais, les producteurs peuvent difficilement comparer des hybrides évalués dans le cadre d’essais différents. Il est donc primordial de mener des essais d’hybrides rigoureux afin d’identifier les cultivars de maïs sucré de transformation les mieux adaptés aux conditions environnementales souvent adverses en régie biologique. Afin de combler le manque d’informations sur la performance des cultivars en mode de production biologique, un projet d’essais variétaux a été initié en 2022 au CÉROM en Montérégie, l’une des principales régions productrices de maïs biologique au Québec. L’objectif est d’identifier des cultivars de maïs sucré de transformation adaptés aux stress environnementaux, incluant les maladies, les ravageurs et les conditions climatiques extrêmes. L’identification de cultivars mieux adaptés permettra d'améliorer les rendements, assurer la rentabilité des entreprises et répondre à la demande croissante pour des produits issus de l’agriculture biologique.
Le projet se concentre sur l’évaluation à long terme des pratiques agricoles au Québec, telles que le travail du sol, la rotation des cultures et la gestion des résidus, qui influencent les stocks de carbone (C) et la dynamique de l’azote (N). Ces pratiques ont un impact significatif sur l'environnement, particulièrement dans le contexte du changement climatique. L'objectif est d'aider les producteurs et conseillers à choisir les meilleures pratiques permettant de mieux gérer l'azote et le carbone, afin de réduire leur empreinte environnementale. L'évaluation se base sur des dispositifs expérimentaux de longue durée (15 et 32 ans) implantés dans différentes zones pédoclimatiques, avec des systèmes de production variés. Le projet mesurera les stocks de carbone organique total, d'azote total et d’autres fractions de carbone organique dans différentes profondeurs du sol, et analysera leur dynamique. Les taux d'accumulation du carbone organique seront évalués à l'aide de différentes méthodes, et la minéralisation de l'azote ainsi que la respiration microbienne seront mesurées par des essais d'incubation. Les données sur les rendements des cultures et les coûts de production seront collectées annuellement, et la rentabilité des pratiques sera évaluée à la fin du projet. Les résultats attendus incluent l'identification des pratiques agricoles favorisant le stockage du carbone et de l'azote, la modélisation biogéochimique du potentiel de séquestration du carbone, ainsi que l'intégration de ces données dans un logiciel de bilan humique. Ces résultats aideront à promouvoir les bonnes pratiques agricoles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).
Le milieu agricole fait face à de multiples défis, incluant la confontration de multiples ennemis des cultures comme les mauvaises herbes et les maladies qui peuvent réduire les rendements de façon significative. Leur présence et les pertes qui y sont associées sont fortement incluencées par l'environnement, dont les changements climatiques jouent un rôle important. Pour faire face à cette situation, l'utilisation de pesticides demeure une des outils principaux, par contre, leur utilisation n'est souvent pas jusitifée. À cette problématique, s'ajoute la déradation de la santé des sols, constaté depuis les année 1990 au Québec. Des modèles prévisionnels peuvent aider les producteurs à prendre des décisions informées, mais les modèles existant sont souvent basés sur des conditions générales et non les conditions réelles du champ. L'exploitation de l'intelligence artificielle appuyée par des données multisources, incluant les observations par télédétection, permettra le développement de modèles prédictifs plus précis. Mais, le développement de tels modèles est confronté à l'accès aux données à grande échelle. Ce projet vise à s'attaquer à cette problématique, en développant une infrastructure numérique intelligente (INI), basée sur une nouvelle approche de fédération des données à l’échelle de la Montérégie. Le projet développera également des modèles prédictifs pour deux ennemis des cultures, notamment l'émergence du chénopod blanc et l'apparition des apothécies de la sclérotiniose du soya, à traver de la base de données et des données de télédétection.

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