Régie des cultures
Cultures de couverture, Plantes fourragères

Impact de l’intégration des cultures de couverture ou des plantes fourragères pérennes dans des rotations de grandes cultures sur la résilience du sol et la rentabilité des cultures

Résumé vulgarisé

Plusieurs problèmes de santé de sols au Québec ont été diagnostiqués récemment, principalement sous forme de compaction et de détérioration de structure dans les sols en Montérégie. Ces problèmes sont observés majoritairement dans les sols sous cultures annuelles par rapport aux sols sous cultures pérennes ou cultures annuelles avec des cultures de couverture. Ce phénomène a pour conséquences une perte de rendements des cultures commerciales annuelles et une pollution accrue des écosystèmes aquatiques, de plus en plus intense avec les changements climatiques. Le renforcement de la résilience des sols agricoles est une approche incontournable pour faire face aux changements climatiques.

Crédit photo : CÉROM

Résumé scientifique

Ce projet de recherche vise à évaluer l’impact de différentes rotations de cultures, intégrant des cultures de couverture ou des plantes fourragères pérennes, sur la santé chimique, physique et biologique du sol, la séquestration du carbone et la rentabilité économique à travers des essais établis sur le site du CÉROM et chez des producteurs durant quatre ans. L’impact de la fertilisation azotée en combinaison avec des cultures de couverture-légumineuses sur les rendements et la qualité des grains sera aussi étudié. Les résultats de ce projet permettront ainsi d’identifier les pratiques culturales les plus durables et rentables.

Objectifs

  1. Développer des scénarios de pratiques culturales qui intègrent des plantes fourragères pérennes à bon potentiel de résistance aux changements climatiques, ou des cultures de couverture capables d’améliorer la santé du sol et la qualité de l’écosystème agricole, dans différentes rotations de grandes cultures ;
  2. Évaluer l’impact de ces nouvelles pratiques sur l’évolution de la santé physique, chimique et biologique d’un sol de texture fine durant 4 ans ;
  3. Évaluer l’impact de ces nouvelles pratiques sur les rendements et la qualité des cultures ;
  4. Déterminer la rentabilité économique de ces nouvelles pratiques ;
  5. Diffuser les résultats aux producteurs agricoles, aux conseillers et à la communauté scientifique.

Crédit photo : CÉROM

Domaine : Régie des cultures
Spécialité : Cultures de couverture, Plantes fourragères
Collaborateur(s) externe(s) : Émilie Maillard (AAC), Ayitre Akpakouma (MAPAQ), Stéphanie Mathieu (MAPAQ), Martin Malenfant (MAPAQ)
Source de financement : Ce projet est financé par l’entremise du Programme Innovation bioalimentaire 2023-2028, Volet 2 – Recherche appliquée, développement expérimental et adaptation technologique, en vertu du Partenariat canadien pour une agriculture durable, entente conclue entre les gouvernements du Canada et du Québec, et cofinancé par les Producteurs de grains du Québec.
Durée : 2024 – 2028
Statut : En cours

PROJETS

L’utilisation d’hybrides performants, adaptées à l’environnement de la production biologique (maladies, ravageurs, mauvaises herbes, etc.) et aux conditions météorologiques extrêmes associées de plus en plus aux changements climatiques, et dont les critères de qualité correspondent aux exigences des acheteurs est un des éléments clés de la réussite du secteur de la production du maïs sucré en général, et celui destiné à la transformation en particulier. Or, les cultivars de maïs sucré de transformation présentement utilisés en régie biologique par l’industrie ont été généralement approuvés à la suite des évaluations sous régie conventionnelle, et peuvent donc performer différemment en régie biologique. Par ailleurs, bien que les différentes compagnies semencières réalisent leurs propres essais, les producteurs peuvent difficilement comparer des hybrides évalués dans le cadre d’essais différents. Il est donc primordial de mener des essais d’hybrides rigoureux afin d’identifier les cultivars de maïs sucré de transformation les mieux adaptés aux conditions environnementales souvent adverses en régie biologique. Afin de combler le manque d’informations sur la performance des cultivars en mode de production biologique, un projet d’essais variétaux a été initié en 2022 au CÉROM en Montérégie, l’une des principales régions productrices de maïs biologique au Québec. L’objectif est d’identifier des cultivars de maïs sucré de transformation adaptés aux stress environnementaux, incluant les maladies, les ravageurs et les conditions climatiques extrêmes. L’identification de cultivars mieux adaptés permettra d'améliorer les rendements, assurer la rentabilité des entreprises et répondre à la demande croissante pour des produits issus de l’agriculture biologique.
Le projet se concentre sur l’évaluation à long terme des pratiques agricoles au Québec, telles que le travail du sol, la rotation des cultures et la gestion des résidus, qui influencent les stocks de carbone (C) et la dynamique de l’azote (N). Ces pratiques ont un impact significatif sur l'environnement, particulièrement dans le contexte du changement climatique. L'objectif est d'aider les producteurs et conseillers à choisir les meilleures pratiques permettant de mieux gérer l'azote et le carbone, afin de réduire leur empreinte environnementale. L'évaluation se base sur des dispositifs expérimentaux de longue durée (15 et 32 ans) implantés dans différentes zones pédoclimatiques, avec des systèmes de production variés. Le projet mesurera les stocks de carbone organique total, d'azote total et d’autres fractions de carbone organique dans différentes profondeurs du sol, et analysera leur dynamique. Les taux d'accumulation du carbone organique seront évalués à l'aide de différentes méthodes, et la minéralisation de l'azote ainsi que la respiration microbienne seront mesurées par des essais d'incubation. Les données sur les rendements des cultures et les coûts de production seront collectées annuellement, et la rentabilité des pratiques sera évaluée à la fin du projet. Les résultats attendus incluent l'identification des pratiques agricoles favorisant le stockage du carbone et de l'azote, la modélisation biogéochimique du potentiel de séquestration du carbone, ainsi que l'intégration de ces données dans un logiciel de bilan humique. Ces résultats aideront à promouvoir les bonnes pratiques agricoles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

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