Régie des cultures
Esssais variétaux/régie biologique

Essais de cultivars de maïs sucré de transformation en régie biologique

Résumé vulgarisé

L’utilisation d’hybrides performants, adaptées à l’environnement de la production biologique (maladies, ravageurs, mauvaises herbes, etc.) et aux conditions météorologiques extrêmes associées de plus en plus aux changements climatiques, et dont les critères de qualité correspondent aux exigences des acheteurs est un des éléments clés de la réussite du secteur de la production du maïs sucré en général, et celui destiné à la transformation en particulier. Or, les cultivars de maïs sucré de transformation présentement utilisés en régie biologique par l’industrie ont été généralement approuvés à la suite des évaluations sous régie conventionnelle, et peuvent donc performer différemment en régie biologique. Par ailleurs, bien que les différentes compagnies semencières réalisent leurs propres essais, les producteurs peuvent difficilement comparer des hybrides évalués dans le cadre d’essais différents. Il est donc primordial de mener des essais d’hybrides rigoureux afin d’identifier les cultivars de maïs sucré de transformation les mieux adaptés aux conditions environnementales souvent adverses en régie biologique. Afin de combler le manque d’informations sur la performance des cultivars en mode de production biologique, un projet d’essais variétaux a été initié en 2022 au CÉROM en Montérégie, l’une des principales régions productrices de maïs biologique au Québec. L’objectif est d’identifier des cultivars de maïs sucré de transformation adaptés aux stress environnementaux, incluant les maladies, les ravageurs et les conditions climatiques extrêmes. L’identification de cultivars mieux adaptés permettra d’améliorer les rendements, assurer la rentabilité des entreprises et répondre à la demande croissante pour des produits issus de l’agriculture biologique.

Crédit photo : CÉROM

Résumé scientifique

Les enjeux associés à la production du maïs sucré destiné à la transformation sont variés et nombreux. Les risques sont plus élevés en production biologique qu’en régie conventionnelle. En effet, une étude réalisée par les PLTQ a démontré des pertes de rendements de 17 % en moyenne sont observées en régie biologique par rapport à la régie conventionnelle (PLTQ, 2019). Ces pertes de rendement ont été attribuées aux dommages occasionnés par le désherbage mécanique, par les insectes ravageurs au semis et par le manque de vigueur des cultivars utilisés en régie biologique.

Ce projet a été conçu pour pallier la faible disponibilité des informations sur la performance de rendements des cultivars de maïs sucré destiné à la transformation en conditions de production biologique. Des essais variétaux seront implantés sur le site du CÉROM en Montérégie, région qui est, avec Lanaudière, la zone principale pour la production biologique du maïs sucré au Québec. Le défi principal est de trouver des variétés adaptées à l’environnement de la production biologique (maladies, ravageurs, mauvaises herbes, etc.) et aux conditions météorologiques extrêmes, associées de plus en plus aux changements climatiques.

Présentement, les cultivars de maïs sucré de transformation utilisés en régie biologique par l’industrie sont en fait des cultivars performants en régie conventionnelle semés sans l’usage d’intrants. Il n’est pas rare qu’un seul cultivar soit produit par une entreprise. Par ailleurs, ces cultivars ne sont pas testés avant leur utilisation à grande échelle, mais aussi les risques associés à la culture à répétition d’un seul et même cultivar sont importants. En effet, cette pratique peut, par exemple, favoriser l’adaptation des ravageurs à ces cultivars. Les cultivars utilisés présentement ne sont pas nécessairement les mieux adaptés aux conditions environnementales souvent difficiles prévalant en régie biologique. Afin d’identifier les cultivars les plus performants et assurer une viabilité financière pour les entreprises productrices de maïs sucré destiné à la transformation en régie biologique, et afin de répondre partiellement à une demande de plus en plus grande pour les produits issus de la production biologique, il apparaît primordial de mener des essais avec de nouveaux cultivars.

Objectifs

L’objectif général de cette étude est d’évaluer la performance en régie biologique des cultivars disponibles de maïs sucré destiné à la transformation afin de favoriser l’essor du secteur québécois de production biologique. Plus précisément, elle vise à fournir de l’information sur la productivité et la qualité des nouveaux cultivars, à identifier ceux ayant un potentiel de rendement supérieur en conditions biologiques et à renforcer la compétitivité des entreprises québécoises du secteur des légumes de transformation en sélectionnant les cultivars les plus adaptés et performants.

Crédit photo : CÉROM

Domaine : Régie des cultures
Spécialité : Esssais variétaux/régie biologique
Porteur de projet : Marie Bipfubusa
Collaborateur(s) externe(s) : Myriam Gagnon (PLTQ), Yves Duquet (Les Aliments Nortera), Frédéric Audet (Les Aliments Nortera)
Source de financement : Programme de partenariat pour l’innovation en agroalimentaire (PPIA), Les Aliments Nortera, PLTQ, CÉROM
Durée : 2022 – 2026
Culture : Maïs
Pays : Canada
Régions : Montérégie
Statut : En cours

PROJETS

Le projet se concentre sur l’évaluation à long terme des pratiques agricoles au Québec, telles que le travail du sol, la rotation des cultures et la gestion des résidus, qui influencent les stocks de carbone (C) et la dynamique de l’azote (N). Ces pratiques ont un impact significatif sur l'environnement, particulièrement dans le contexte du changement climatique. L'objectif est d'aider les producteurs et conseillers à choisir les meilleures pratiques permettant de mieux gérer l'azote et le carbone, afin de réduire leur empreinte environnementale. L'évaluation se base sur des dispositifs expérimentaux de longue durée (15 et 32 ans) implantés dans différentes zones pédoclimatiques, avec des systèmes de production variés. Le projet mesurera les stocks de carbone organique total, d'azote total et d’autres fractions de carbone organique dans différentes profondeurs du sol, et analysera leur dynamique. Les taux d'accumulation du carbone organique seront évalués à l'aide de différentes méthodes, et la minéralisation de l'azote ainsi que la respiration microbienne seront mesurées par des essais d'incubation. Les données sur les rendements des cultures et les coûts de production seront collectées annuellement, et la rentabilité des pratiques sera évaluée à la fin du projet. Les résultats attendus incluent l'identification des pratiques agricoles favorisant le stockage du carbone et de l'azote, la modélisation biogéochimique du potentiel de séquestration du carbone, ainsi que l'intégration de ces données dans un logiciel de bilan humique. Ces résultats aideront à promouvoir les bonnes pratiques agricoles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

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