Projets

Suivis d'abeilles lors des semis de maïs traités avec des néonicotinoïdes

Domaine : Projet-Entomologie

Chef de projet : Valérie Fournier, Université Laval

Collaborateurs : Olivier Samson-Robert, Geneviève Labrie, Madeleine Chagnon, Valérie Fournier

Site des travaux : Montérégie et Estrie

Début : 2012 | Fin : 2014

Mots clé : néonicotinoïdes, flaques d’eau, abeilles, contamination, effets sublétaux

Résumé

L’augmentation de la mortalité des abeilles pendant la période de semis du maïs a  été répertoriée dans de nombreux pays d’Europe et états américains. Ces études démontrent que la mise en terre, à l’aide d’un semoir pneumatique, de semences enrobées d’un pesticide néonicotinoïde produit un échappement dans l’air de particules d’insecticide. Ces particules sont transportées par le vent et se déposent sur la végétation environnante. Les abeilles domestiques (Apis mellifera) et les pollinisateurs indigènes exposés à cette couche d’air contaminée et/ou qui butinent le pollen et le nectar des plantes où les particules se sont déposées risquent  l’intoxication par ces voies d’exposition. Le présent projet de recherche a permis de mettre en évidence une nouvelle voie d’intoxication potentielle pour les abeilles. En effet, les flaques d’eau à la surface des champs, qui résultent le plus souvent des précipitations, sont contaminées par des insecticides néonicotinoïdes. Les concentrations en insecticide qu’on y retrouve ne sont, en moyenne, pas assez élevées pour tuer une abeille qui s’abreuve de cette eau, mais bien suffisantes pour affecter son comportement, son développement, son système immunitaire et même sa fécondité, particulièrement par une exposition chronique. Qui plus est, le projet apermis de confirmer que le niveau de mortalité des colonies d’abeilles domestiques est quadruplé lorsque les ruches sont situées à proximité des semis de maïs traités à l’insecticide. En outre, il a été possible de constater, à l’aide de biomarqueurs, que les bourdons fébriles (Bombus impatiens), une espèce d’abeille native au Québec, présentaient également des signes d’intoxication aux néonicotinoïdes. L’atteinte des objectifs de cette recherche démontre l’ampleur des conséquences de l’utilisation prophylactique et extensive de ces insecticides et atteste, par leur présence dans l’environnement, que la problématique ne se limite pas uniquement à l’abeille domestique.

Article scientifique disponible (anglais)