Projets

Incidence des ravageurs et maladies du canola au Québec et effet des pratiques culturales et phytosanitaires.

Couverture

Domaine : Projet-Entomologie

Chef de projet : Geneviève Labrie

Collaborateurs : S. Rioux (CÉROM), A. Vanasse (U. Laval), D. Pageau (AAC-Normandin), J.-N. Couture (MAPAQ)

Site des travaux : St-Mathieu-de-Beloeil

Début : 2009 | Fin : 2011

Mots clé :

Objectifs

Déterminer la distribution et l’importance des ravageurs indigènes et exotiques dans le canola, ainsi que déterminer l’effet de pratiques culturales et phytosanitaires utilisées au Québec dans cette culture :

  1. évaluer la distribution et l’abondance du charançon de la silique, des altises du canola, de la cécidomyie du chou-fleur et leurs ennemis naturels (tels les parasitoïdes) ainsi que la sclérotiniose dans les champs de canola au Québec;
  2. évaluer l’effet de la fertilisation et du travail du sol sur les ravageurs, les maladies et le rendement de la culture;
  3. évaluer l’effet de traitements de semences insecticides sur les ravageurs du canola et sur le rendement.

Réalisations

Durant l’été 2009, 41 champs de canola ont été échantillonnés dans 9 régions du Québec (Abitibi, Témiscamingue, Lac St-Jean, Bas St-Laurent, Capitale Nationale, Chaudières-Appalaches, Mauricie, Centre-du-Québec, Montérégie). L’échantillonnage dans les régions éloignées était effectué par du personnel du MAPAQ ou des clubs agro-environnementaux, tandis que la région de la Capitale-Nationale, du Centre-du-Québec et de la Montérégie (CÉROM) étaient échantillonnés par un étudiant engagé au CÉROM.

Au début de la saison, des observations visuelles des dommages d’altises ont été effectuées sur 30 plants par champ, du stade cotylédon au stade 4 feuilles. Par la suite, chaque semaine, 25 coups de filet-fauchoir étaient effectués dans tous les champs, deux pièges collants jaunes étaient relevés et changés et deux pièges à phéromone pour la cécidomyie du chou-fleur et pour la fausse-teigne étaient relevés et changés.

Tous les échantillons étaient envoyés au CÉROM pour le dénombrement et l’identification des insectes ravageurs et des ennemis naturels. Les principaux insectes ravageurs et ennemis naturels ont été identifiés à l’espèce. Dix plants par champs ont été récoltés à la fin du mois de juillet pour déterminer la présence d’hernie des crucifères sur les racines et 400 siliques par champ ont été récoltées avant l’andainage afin d’évaluer les dommages de charançon de la silique et mettre en incubation des siliques afin d’évaluer la présence de parasitoïdes du charançon.

L’échantillonnage à travers le Québec a permis d’identifier les ravageurs prépondérants du canola selon les régions, ainsi que de déterminer la dynamique d’infestation de ceux-ci. L’ensemble de l’étude a permis de dénombrer et d’identifier plus de 60 000 insectes dans les 41 champs de canola dépistés. Nous avons observé pour la première fois des charançons de la silique en Abitibi et au Lac St-Jean. Toutefois, le pourcentage de siliques infestées par le charançon variait entre 0,5% et 12%, ce qui est nettement inférieur aux pourcentages qui causent des pertes de rendement (26- 40%).

Nous avons aussi observé pour la première fois au Québec la présence de la cécidomyie du chou-fleur, un nouveau ravageur observé dans les crucifères depuis 2003 au Québec, et ce, dans 11 champs de canola situés dans 7 régions du Québec. Ce ravageur pourrait causer des dommages importants au canola si son émergence devenait synchronisée avec le développement du canola.

La présence de la fausse-teigne et de la punaise terne en grandes quantités dans plusieurs champs démontrent l’intérêt de mieux connaître la biologie et la dynamique de ces ravageurs. L’évaluation des racines de plants de canola a permis d’observer la présence d’hernie des crucifès dans deux champs en Mauricie et deux champs en Chaudières-Appalaches. Entre 9% et 89% des plants étaient affectés. Les champs en Mauricie étaient moins affectés qu’en Chaudières-Appalaches, avec des niveaux de hernie entre 1 et 2 en Mauricie contre 2 et 3 en Chaudières-Appalaches.

Les ennemis naturels en plus grande quantité était les coccinelles et les syrphes. La diversité des coccinelles est deux fois plus grande dans le canola que dans les autres grandes cultures, avec 12 espèces différentes répertoriées (contre 4 à 5 dans le maïs, le soya ou le blé). Les syrphes sont des pollinisateurs au stade adulte et des prédateurs au stade larvaire. Ces deux groupes d’insectes sont d’importants prédateurs généralistes qui peuvent permettre le contrôle naturel de plusieurs ravageurs secondaires du canola et leur présence dans tous les champs est encourageante.

L’incubation des siliques nous a permis de découvrir pour la première fois au Québec deux espèces européennes de guêpes parasitoïdes (Famille Pteromalidae) du charançon de la silique. L’identification a été confirmée par Gary Gibson, taxonomiste à Ottawa. Une des espèces, Mesopolobus gemellus, est arrivée depuis peu en Amérique du Nord tandis que la deuxième, Trichomalus perfectus, est la première mention en Amérique du Nord. Cette espèce est très efficace contre le charançon de la silique en Europe et faisait déjà l’objet d’une demande d’introduction dans l’Ouest Canadien. Son apparition en Amérique du Nord permettra d’accélérer l’introduction de cet ennemi naturel.