Projets

Évaluation de fongicides dans les cultures de céréale à paille

Domaine : Projet-Phytopathologie

Chef de projet : Sylvie Rioux

Collaborateurs : Anne Vanasse (Université Laval); Denis Pageau et Barbara Blackwell (AAC); Yves Dion (CÉROM)

Site des travaux : Saint-Mathieu-de-Beloeil, Saint-Augustin-de-Desmaures, Normandin et Ottawa (labo).

Début : 2009 | Fin : 2012

Mots clé : foliaire, blé, orge, avoine, fusariose, tache foliaire, Fusarium, rendement, DON

Résumé

Ce projet visait à comparer, pendant trois saisons (2009, 2010 et 2011) et à trois stations, l’effet de sept fongicides foliaires sur l’incidence de la fusariose chez le blé, l’orge et l’avoine afin de donner l’heure juste aux producteurs quant au degré d’efficacité de ces produits à réduire l’incidence de la maladie sur la qualité (contenu des grains en désoxynivalénol (DON)) et la productivité de la récolte (rendement en grains, poids spécifique) et quant à la rentabilité ou la non-rentabilité de l’usage de ces produits. Les résultats indiquent que les fongicides non-homologués contre la fusariose (Quilt, Stratego, Pivot et Headline) n’ont pas réduit le contenu des grains en désoxynivalénol (DON) quelle que soit l’espèce de céréale. On a même observé une hausse du contenu en DON avec le Headline chez l’orge et l’avoine et avec le Quilt chez l’orge. Il semble donc risqué d’utiliser ces produits à base de strobilurine lorsqu’appliqués à partir du stade feuille étendard complètement sortie. Pour ce qui est des fongicides destinés à lutter contre la fusariose, le Proline et le Prosaro ont permis de réduire la contamination des grains en DON de 46 % chez le blé, 34 % chez l’orge et 25 % chez l’avoine. Le Folicur a réduit le contenu en DON seulement chez le blé et de façon moins efficace (30 %) que le Proline et le Prosaro. Dépendamment de la valeur de la récolte et du coût d’application des produits, l’utilisation des fongicides homologués contre la fusariose chez le blé et l’orge semble justifiée et rentable les années de fusariose puisqu’ils améliorent à la fois le rendement et la qualité du grain. Par contre, ils ne réussissent pas toujours à abaisser la teneur en DON sous le seuil de 2 ppm, seuil au-delà duquel la commercialisation devient plus difficile. L’équation économique doit aussi prendre en compte le contenu des grains en toxine puisqu’il influe sur la valeur de la récolte; plus une récolte est contaminée, plus sa valeur sera dépréciée sur le marché. Pour l’avoine, il est plus difficile de discuter de rentabilité à partir des résultats obtenus puisque le cultivar Robust utilisé n’est pas typique de la majorité des cultivars présents sur le marché qui sont beaucoup moins sensibles (RGCQ, données non publiées) et les fongicides testés ne sont pas homologués pour cette espèce. Les résultats de l’étude ont mis en évidence la limite de l’usage unique des fongicides pour lutter contre la fusariose. Cette lutte doit plutôt reposer sur des rotations adéquates (espèces non hôtes l’année précédant la céréale) et des cultivars plus résistants, et complémentés par l’application de fongicides en cas de risque d’infection (Réseau d’avertissements phytosanitaires à consulter).