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Après les tests d’usage, le Centre de recherche sur les grains (CÉROM) confirme un premier cas de mauvaise herbe résistante au glyphosate, soit la moutarde des oiseaux. CEROM  ajoute que la résistance s’est développée à la suite de la transmission du gène par croisement entre une  plante génétiquement modifié, le canola cultivé, et une plante sauvage, la moutarde des oiseaux. Ce nouveau cas de résistance porte à onze le nombre d’espèces de mauvaises herbes résistantes à un ou plusieurs groupes d’herbicides au Québec. 

Le Centre avait d’abord écarté comme cause les pratiques culturales d’où provenait l’échantillon. Ce dernier provient de graines récoltées dans un champ de maïs situé dans le Centre-du-Québec. La moutarde des oiseaux était présente sur une superficie d’une dizaine d’hectares, selon un pourcentage de recouvrement de moins de 10%. Les chercheurs ont d’ailleurs confirmé que cette contamination provenait de l’extérieur de l’entreprise et non d’une gestion inadéquate puisque le glyphosate n’avait pas été utilisé de façon répétitive ou sur une longue période. Le canola est aussi peu cultivé dans cette région. D’autres cas de moutarde des oiseaux, échantillonnés récemment dans le Centre-du-Québec, ont également reçu la confirmation d’AAC de la présence du transgène qui donne la résistance au glyphosate mais aucun lien n’a pu être établi entre ces cas de résistance.

Le CEROM souligne que cette transmission de gènes revêt un caractère inédit du côté agronomique puisqu’elle nécessite un changement dans les méthodes culturales et les intrants utilisés. Le Centre rappelle qu’il faut toujours veiller à ce que l’utilisation d’herbicides d’un même groupe ne puisse susciter une résistance plus large.

 

 En cas de doute quant à une possible contamination, les conseils de base demeurent les mêmes. Le but est de limiter la dispersion des mauvaises herbes, par exemple en les éliminant avant la maturité des graines en utilisant dans la mesure du possible d’autres moyens de désherbage: le désherbage mécanique, l’arrachage manuel dans le cas de petites superficies ou la fauche des fossés et des contours de champs. Des précautions sont aussi à prendre afin d’éviter le transport de la semence de mauvaises herbes dans l’environnement (nettoyage de la machinerie agricole et des équipements de travail, asepsie des lieux d’entreposage du grain). D’autres méthodes sont également utiles, comme introduire des cultures utilisant d’autres groupes d’herbicides, ou encore une récolte précoce qui permet la mise en place culture-abri qui fera compétition aux mauvaises herbes.

Le CEROM a fourni une fiche afin d’identifier la moutarde des oiseaux. Le Centre sollicite d’ailleurs l’aide des producteurs qui croiraient avoir repéré la mauvaise herbe. Puisque les mauvaises herbes résistantes ne sont pas réglementées au Québec, la collaboration des agriculteurs et des conseillers demeure un outil important dans la détection de cas de résistance.

Source: Réseau d’avertissement phytosanitaire